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Excuses du restaurateur ayant exclu deux musulmanes: "Ses propos le mettaient dans le mauvais camp"

Laurence Rossignol était invitée sur RMC lundi.

Laurence Rossignol était invitée sur RMC lundi. - -

Laurence Rossignol a salué lundi sur RMC les excuses du restaurateur de Tremblay-en-France qui avait exclu deux clientes musulmanes de son établissement. Mais la ministre des Familles et des Droits des femmes qui a saisi la Dilcra a appelé à la fermeté face à ces incidents, dans "un climat de surenchère".

Pas de doute pour Laurence Rossignol, le restaurateur qui a exclu deux femmes voilées de son établissement a bien tenu "des propos racistes". Dans une vidéo captée par l'une des clientes, on entend notamment ce restaurateur de Tremblay-en-France refuser de servir les deux femmes musulmanes au prétexte notamment que "tous les terroristes sont musulmans et tous les musulmans sont terroristes".

"Dire à deux jeunes femmes qu'on ne veut pas les servir en raison de leur appartenance ethnique, religieuse ou culturelle c'est la définition du racisme et des discriminations", estime la ministre des Droits des femmes lundi sur RMC.

Le camp de "ceux qui mettent de l'huile sur le feu"

La veille, Laurence Rossignol avait annoncé sur Twitter avoir saisi la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme et l'antisémitisme (Dilcra). Une saisine qu'elle soutient à nouveau malgré les excuses du restaurateur, qui a expliqué avoir "pété un câble" et avoir tenu des propos qui ont "dépassé ses pensées".

"Je pense que cet homme a compris que ce qu'il avait dit était déjà très blessant pour les deux jeunes femmes qui étaient dans son restaurant et en plus, il a observé le buzz que ça a suscité et il s'est rendu compte que ses propos le mettaient dans le mauvais camp. De ceux qui mettent de l'huile sur le feu et qui ne se comportent pas de la bonne manière pour garder la cohésion du pays", juge la ministre. 

"Un climat de surenchère"

Laurence Rossignol a par ailleurs salué l'attitude "responsable" et "très chargée du vivre ensemble" de la communauté musulmane de Tremblay-en-France. Pour la ministre, il faut être ferme face à ce type d'incident.

"Des incidents comme ça il faut nous en prémunir parce que le climat dans lequel nous sommes est un climat de surenchère autour des questions à la fois d'islam politique et de la manière dont on combat l'islam politique. Ce qui nous attend est quand même assez sérieux. Pour la France c'est une épreuve, c'est un test sur notre attachement aux valeurs de la république et aux manières de les faire vivre", poursuit Laurence Rossignol. 

Par ailleurs, alors que ces dernières semaines ont été marquées par la polémique autour du burkini, la ministre appelle sur ce sujet à ce que la République "affronte" ce qu'elle considère comme "un projet régressif". Laurence Rossignol estime toutefois, comme Manuel Valls, qu'il ne faut pas légiférer sur le sujet.

"Le combat contre l'islam politique il ne passe pas par l'interdiction des tracts de l'adversaire, je considère que toutes ces affaires, ce sont des journaux de propagande, des tracts", considère la ministre.

Pour elle, ce combat ne passe d'ailleurs pas "comme le dit Nicolas Sarkozy ou la droite dure au nom de l'identité chrétienne de la France" mais au nom de son "identité plurielle, qui s'incarne dans la République". 

C. B