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Farines animales, hormones, antibiotiques: le vrai du faux du Ceta concernant la viande

L'Assemblée a validé la ratification du Ceta mardi. L'Interbev, l'inter-profession du bétail et de la viande, alerte sur le risque de voir arriver dans nos assiettes de la viande canadienne issue d'animaux nourris différemment qu'en Europe. Qu'en est-il vraiment?

Jamais un texte n'avait jamais généré autant de contestations au sein de la majorité présidentielle. L'Assemblée nationale a approuvé mardi la ratification du controversé traité de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada, le Ceta, par 266 voix contre 213, et 74 abstentions, malgré un record de contestations au sein du groupe LREM.

La majorité des députés LREM a voté pour, mais 52 "marcheurs" se sont abstenus et surtout 9 ont voté contre le texte. L'un des arguments avancés par les opposants à la ratification est la menace que cette entente transatlantique ferait peser sur la filière française d'élevage et sur les consommateurs français.

Un seul point clair: pas d'importation de viande issue d'animaux traité aux hormones de croissance

L'Interbev, l'inter-profession du bétail et de la viande, alerte notamment sur le risque de voir arriver dans nos assiettes de la viande canadienne issue d'animaux dopés aux farines animales, aux hormones et aux antibiotiques. Est-ce vraiment le cas?

Le Ceta est très clair sur un seul point : pas d'importation de viande issue d'animaux traité aux hormones de croissance. C'est autorisée au Canada sur les bovins de boucherie. Pour le reste le Ceta ne se prononce pas tout simplement.

Concernant les farines animales par exemple : dans l'Union européenne, elles sont interdites depuis la vache folle dans les années 90. Au Canada elles sont autorisées. Des farines de sang, d'os, ou de résidus de poissons pourraient donc se retrouver dans les produits sur le marché.

Des étiquettes plus claires pour différencier la viande canadienne et française?

Pour les antibiotiques dans les élevages, là aussi le Ceta reste muet. Au Canada, ils sont utilisés systématiquement par mesure de précaution pour éviter l'apparition des maladies. Mais surtout pour accélérer la croissance du bétail. L'Union européenne l'interdit a cause du risque d'antibiorésistance des consommateurs.

Alors, à défaut d'un traité qui établit une réglementation commune sur les importations entre les deux pays, la commission européenne recommande que l'étiquetage des produits soit bien visible pour que les consommateurs avertis puissent différencier la viande canadienne de la viande française.

Romain Poisot (avec James Abbott)