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Faut-il autoriser les boulangeries à ouvrir 7 jours sur 7 ?

Le sénateur Les Républicains de l'Oise, Jérôme Bascher, qui vient de déposer une proposition de loi dans ce sens. Mais qu'en pense les principaux concernés ?

C'est un combat que l'on mène depuis sept ans dans cette boulangerie. Pouvoir faire et vendre du pain tous les jours. Laurent Malville, le directeur, trouve aberrant que la loi l'interdise. 

“Si j’ouvrais sept jours sur sept, je pourrais créer quatre emplois. Un boulanger, une pâtissière et deux vendeuses. Et ça uniquement sur cette boulangerie-là. Vu qu’on en a sept le calcul, il est vite fait”, indique-t-il. 

Créer des emplois dans sa boulangerie, et en plus, stimuler la vie économique locale. “Moi le fleuriste qui est juste en face de chez moi, il me dit Laurent quand tu n’es pas ouvert, il n’y a rien à faire mon chiffre d’affaire est plus bas. Je ne vois pas où il y a du mal à vouloir créer de l’emploi”, regrette-t-il. 

Une mauvaise publicité pour les jeunes ?

Le problème, c'est que la plupart des boulangeries en France, sont de toutes petites entreprises, composées souvent d'un couple et d'un ou deux salariés. Qui seraient incapables de travailler 7 jours 7. C'est ce que fait valoir Patrice Petiteaux, président des artisans boulanger dans les hauts de France.

“Toutes ces personnes, qui proposent d'ouvrirent sept jours sur sept, ce ne sont que des financiers qui créent des boulangeries, mettent des salariés à l’intérieur, mais ce ne sont pas des artisans. Donc aujourd’hui si on demande à nos artisans de travailler sept jours sur sept, ils ne vont pas tenir, ce n’est pas possible. Ce n’est pas une bonne publicité pour notre métier. Comment voulez-vous attirer les jeunes dans notre métier s’ils savent qu’ils vont devoir travailler sept jours dans la semaine”, appuie-t-il. 

Et à ceux qui rétorquent que chaque boulanger aurait le choix d'ouvrir ou non tous les jours, la confédération assure que la concurrence deviendrait trop rude pour les petites boulangeries, au modèle économique déjà très fragile.

Marie Regnier avec Guillaume Descours