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Faut-il baisser la TVA pour les produits de première nécessité et l’augmenter pour les produits de luxe?

Ce vendredi, nous nous intéressons à l'une de vos propositions: la baisse de la TVA pour les produits de première nécessité et son augmentation pour les produits de luxe.

C’est l’un des seuls impôts qui est payé par tous les Français, quels que soient leurs revenus, dès qu’ils achètent un produit. Il rapporte à lui seul près de la moitié des recettes fiscales de l’Etat: 185 milliards d’euros par an.

Mais il n’y a pas qu’une seule TVA. Il y a 4 taux différents. Le taux normal, 20% qui s’applique par défaut à tous les produits, le taux intermédiaire 10% pour les musées, les zoos, les hôtels ; le taux réduit 5,5% pour l’alimentaire et les produits de première nécessité. Et enfin le super réduit, 2,1% appliqué aux médicaments remboursés et aux journaux.

Mais quand on regarde en détail, il y a des incohérences. Le caviar est taxé à 20%, mais le foie gras ou la truffe à 5,5. Le chocolat est à 20%, mais les bonbons à 5,5%. L’alcool est à 20%, mais les sodas à 5,5%.

Enfin, après une longue bataille parlementaire, les serviettes et tampons hygiéniques sont à 5,5%, mais le savon, le dentifrice, le gel douche et le shampooing restent à 20%

Il est donc évident qu’il faut remettre le système à plat pour Laurence Champier, directrice du réseau des Banques alimentaires:

"Quelqu'un qui va dans un supermarché et qui paierait moins cher des produits de première nécessité, mathématiquement, il y aurait un avantage sur son ticket de caisse. Néanmoins, ça ne suffira pas. Le modèle que défendent les banques alimentaires, c'est aussi une alimentation diversifiée avec un équilibre nutritionnel donc il faudrait que cet effort soit porté sur tous les produits courants et pas seulement sur les produits de première nécessité".

Trois pays européens ont déjà adopté une TVA à 0% sur les produits de première nécessité : l’Irlande, le Royaume-Uni et Malte.

Les ministres pas convaincus

Mais quand on écoute les dernières déclarations des ministres français concernés par le dossier, ils ne semblent pas convaincus par la mesure. "Il vaut mieux aider les pauvres que supprimer une taxe qui est également payée par les plus riches", dit Agnès Buzyn. Olivier Dussopt ajoute qu’en cas de baisse de la TVA sur des produits à 2 ou 3 euros, le gain serait dérisoire, de l’ordre de quelques centimes. Il y a en plus un risque que "le revendeur en profite pour augmenter sa marge au détriment du consommateur", comme ça avait été le cas quand la TVA est passée à 5,5% dans la restauration, affirme cette fois Joël Giraud, le rapporteur de la commission des finances à l’Assemblée qui l'affirme. "Une telle mesure coûterait très cher sans certitude que le pouvoir d’achat augmenterait", conclut-on à l’Elysée.

Selon les informations du Figaro, le gouvernement a déjà tranché. Il n’y aura pas de baisse de TVA sur les produits de première nécessité.

Matthieu Rouault