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Faut-il baisser les prix au cinéma? Un exploitant de salle tacle la "qualité" des films proposés

Kad Merad a relancé le débat sur le prix des places de cinéma, ce week-end sur RMC. Beaucoup de Français estiment que les tarifs sont exorbitants, mais Christophe Maffi, exploitant à Lyon et membre de la Fédération nationale des cinémas, défend ce lundi sur RMC un produit culturel "hyper abordable", prône la "perte d'habitude" à cause du Covid et tacle la qualité des films.

"Une place de cinéma, ce n'est pas donné". L'acteur Kad Merad a relancé ce samedi sur RMC le débat autour des tarifs parfois exorbitants des salles de cinéma. Il tire la sonnette d'alarme, estimant que de nombreux Français se "déshabituent" du cinéma.

"On a perdu l'habitude de se retrouver tous ensemble au cinéma. On voit semaine après semaine la baisse (de fréquentation). Pourtant, il n'y a plus de météo, de grèves: on n'a plus d'excuses. La situation est assez critique: il faut réagir et ça passe par le public. Quand on part en famille, qu'on prend deux glaces, trois bonbons, ça fait des soirées chères...", note-t-il.

Il propose ainsi de "repenser" le prix de la place du cinéma. "Baisser les prix? Peut-être! Un prix fixe comme les livres? Peut-être! Il faut s'adapter à la crise que l'on vit. Il ne faut pas attendre", plaide-t-il.

"Les pleins tarifs ne représentent même pas 25 % des places vendues", défendent les exploitants de salles

Invité d"Apolline Matin" sur RMC et RMC Story ce lundi, Christophe Maffi, président du syndicat lyonnais des exploitants de cinémas et membre de la fédération nationale des cinémas, défend de son côté les tarifs, estimant que les tarifs parisiens biaisent la vision de Kad Merad.

"Il y a plus de 2.000 salles de cinéma en France avec une gamme de prix très variée. Il faut différencier ce qu'il se passe à Paris et dans le reste de la France."

Christophe Maffi assure que le prix moyen d'une place est de 6,70 euros, un prix qui n'aurait varié que d'à peine 10% en 10 ans, "bien moins que l'inflation".

"Nous restons un divertissement qui reste hyper abordable par rapports aux autres sorties culturelles: concerts, le théâtre, sans même parler de l'opéra... En plus, on met en avant les pleins tarifs, alors que ces places ne représentent même pas 25 % des places vendues", souligne-t-il.

"Peut-être que les gens n'ont plus envie de payer un certain prix pour voir un film qu'ils pourront voir à la télé quelques mois après"

Pourtant, le ressenti des familles, quelle que soit la région de France, reste le même: le cinéma coûte trop cher et beaucoup privilégient d'autres loisirs à l'extérieur de leurs foyers.

"Le problème est à plusieurs facteurs, souligne Christophe Maffi. Avec le Covid, les salles ont fermé plus de 300 jours entre les deux confinements, presque un an, c'est quand même énorme. Des habitudes culturelles ont disparu avec le Covid et elles ont du mal à revenir."

Autre explication avancée: la qualité des films, qui est un moteur pour le cinéma dans son ensemble.

"On peut aussi parler de la qualité de certains films qui ne se renouvellent pas assez. Peut-être que les gens n'ont plus envie de payer un certain prix pour voir un film qu'ils pourront voir à la télé quelques mois après. Il y a eu TopGun, Spiderman... Il y a un peu un manque de ces blockbusters qui tirent la fréquentation vers le haut. Par ricochet, ces films font bénéficier tous les autres films du retour des spectateurs. On a manqué de ces films forts", regrette-t-il.

J.A.