RMC

Faut-il payer des impôts dès le premier euro gagné? Ça fait débat sur RMC

-

- - -

Et chaque jour, nous mettons en avant vos propositions de lois citoyennes. Aujourd'hui nous nous intéressons à l'impôt sur le revenu. Beaucoup d'entre vous proposent que tout le monde paie un impôt dès le premier euro gagné.

Pour commencer, mettons fin à une idée reçue: tout le monde en France paye des impôts... dès le premier euro dépensé, via la TVA et quasiment tout le monde paye la CSG, qui sert à financer la Sécu.

Mais ces deux prélèvements ne sont pas progressifs, c'est à dire qu'on paye le même taux de TVA ou de CSG, qu'on soit riche ou pauvre.

Et le seul impôt progressif, l'impôt sur le revenu, est de plus en plus concentré sur une partie de la population puisque seulement 42% des Français sont mis à contribution. Les classes moyennes ont le sentiment de porter seules le fardeau. En fait ce sont surtout les 10% des foyers les plus aisés. Sur les 70 milliards d'euros que rapporte l'impôt sur le revenu chaque année, plus des deux tiers viennent de leur poche.

"Une contribution à l'effort collectif"

Mais faire payer cet impôt dès le premier euro gagné permettrait à tous les citoyens de participer à l'effort collectif, nous dit Eric Coquerel, le député France Insoumise de la Seine Saint Denis:

"Je pense qu'il est bien que toute personne se sente impliquée dans l'impôt qui est une contribution à l'effort collectif, à ce que nous profitions tous en terme d'infrastructures, d'éducation. Pour résumer, oui, à ce que tout le monde paie un impôt mais à partir du moment où l'impôt sur le revenu devient proportionnellement plus important, que les taxes baisses et qu'on arrête les cadeaux aux plus riches".

Combien ça rapporterait? Pas grand-chose au final: parce que collecter cet impôt chez un plus grand nombre de Français est coûteux, et d'ailleurs aujourd'hui, si vous devez moins de 61 euros au fisc, il efface l'ardoise, parce que ça lui coûterait trop cher de vous les prendre.

"Aucun intérêt budgétaire"

Voilà pourquoi cette proposition ne séduit pas l'économiste Eric Pichet:

"Je pense que ça n'a aucun intérêt budgétaire et que ça n'a pas d'intérêt dans la relation entre le contribuable et l'Etat pour la bonne raison que toutes les personnes qui vivent en France paient déjà un impôt quand ils consomment, grâce à la TVA. Il y a certainement des choses à changer dans le système fiscal français qui est très complexe mais ce n'est certainement pas une réforme prioritaire. Budgétairement et politiquement, ce n'est pas le moment".

Ce n'est pas le moment politiquement, nous dit-il, alors que le ras-le-bol fiscal résonne sur les ronds-points. Le gouvernement va pourtant étudier l'idée. Olivier Dussopt, le secrétaire d'Etat à la fonction publique disait la semaine dernière à ce micro que l'idée ferait partie du grand débat national.

Victor Joanin avec Paulina Benavente