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Faut-il rendre les pourboires obligatoires? "Non, il faut que ce rapport reste convivial"

Si 96% des Français assurent laisser des pourboires en vacances, les restaurateurs, eux, constatent qu'ils sont nettement en baisse. L'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (Umih) souhaite inciter le recours au pourboire.

Selon les professionnels de la restauration, les pourboires se font de plus en plus rares sur les tables des restaurants et des bars. RMC est allée vérifier sur les terrasses parisiennes. Annette et sa famille, touristes canadiens, terminent leur repas en terrasse, sans oublier de laisser un bon pourboire: "Normalement au Canada on donne 20%, mais en France les serveurs ont un salaire fixe du coup quand on donne, ils sont souvent étonnés. Mais moi, j'ai quand même besoin de laisser quelque chose".

Et elle fait le bonheur de son serveur en laissant un billet de 5 euros, "énorme", estime-t-il. Quelques tables plus loin, un Parisien, moins généreux. Guillaume voit le pourboire surtout comme une récompense et non comme un geste automatique: "C'est un peu bizarre de donner plus pour des gens qui sont payés pour leur métier. Mais par principe je trouve ça bien d'encourager les gens qui font l'effort de sourire ou d'être un peu plus sympa".

"Le pourboire fait partie de la convivialité"

L'Umih (l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie) cherche des pistes pour inciter le recours au pourboire. Le rendre obligatoire pourrait être une de ces pistes.

Pas vraiment une bonne idée, selon Alain Fontain du Synhorcat (syndicat national des hôteliers et restaurateurs): "Rendre le pourboire obligatoire serait une contrainte supplémentaire. Et ça aseptiserait encore plus le rapport entre un client et un employé de restaurant. Il ne faut pas aseptiser ce rapport, il faut que ce rapport reste convivial. Le pourboire fait partie de cette convivialité. Nous avons l'obligation quand les gens rentrent dans un restaurant avec le sourire qu'ils en ressortent avec encore plus le sourire! C'est une reconnaissance considérable pour un métier qui est compliqué".

Bettina de Guglielmo (avec P.B.)