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Faut-il taxer la grande distribution pour aider les petits commerces pendant le confinement?

L'idée est porter par des députés, dont Matthieu Orphelin, et entendent taxer les commerces qui ont des profits "exceptionnels" en cette période.

Des députés LREM ont déposé un amendement au projet de loi de finances rectificatives mise en place pour faire face à la crise économique provoquée par la crise sanitaire du coronavirus. 

Cet amendement vise à mettre en place une taxe pour la grande distribution ainsi que les enseignes de e-commerce dont l’activité a explosé durant le confinement. Cette taxe devrait permettre d’aider les petits commerces dont beaucoup se trouve être en difficulté actuellement à cause des mesures de confinement.

“La plupart de petits commerces sont aujourd’hui fermés en raison des mesures de confinement. Dans le même temps, l’activité de la grande distribution est plutôt en progression voire même, pour le e-commerce, dont fait partie un géant comme Amazon, en forte augmentation. Le patron d’Amazon, depuis le début de la crise, a gagné 25 milliards d’euros de fortune personnelle en plus grâce à l’explosion des ventes (au niveau mondial)”, explique Matthieu Orphelin, député du Maine-et-Loire et signataire de l’amendement.

Il précise que cette taxe concernerait uniquement les “bénéfices supplémentaires”, c’est-à-dire les profits inhabituels et exceptionnels dans cette période-là. 

Besoin de solidarité

Pour Matthieu Orphelin, cette taxe, c’est en quelque sorte, “réinventer la solidarité”. 

“Pour la sortie de crise, le mot clef, c’est la solidarité. Est-ce qu’on peut continuer à ce que les gens achètent des livres sur Amazon pendant que les librairies sont, elles, fermées pour mesures de confinement. On voit qu’il y a quelque chose qui ne va pas”, détaille-t-il. 

Malgré les affirmations des députés, les chiffres s'ils montrent que les achats en grande surfaces, sont plutôt à la baisse depuis quelques semaines. Les achats dans les grandes surfaces ont certes progressé de 237% selon les chiffres de l'Iri. Après les ventes ont même baissé de 22% les deux semaines qui ont suivi ce qui peut se comprendre car les stocks étaient constitués. C'est donc un gain certes mais qui est pondéré par la crise.

Le nouveau projet de loi de finances rectificatives doit être voté en urgence ce vendredi à l’Assemblée nationale avant d’être examiné par le Sénat le 21 avril. 

Guillaume Descours