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Google promet de ne plus lire nos mails sur Gmail, mais la fin des pubs ciblées n'est pas pour demain

Google ne "lira plus le contenu" des boîtes mail des utilisateurs de son service Gmail dans le but de faire de la publicité ciblée, a annoncé vendredi l'entreprise.

Google ne "lira plus le contenu" des boîtes mail des utilisateurs de son service Gmail dans le but de faire de la publicité ciblée, a annoncé vendredi l'entreprise. - AFP

Vendredi, le géant californien a annoncé qu'il ne "lira plus le contenu" des boîtes mails des utilisateurs de son service Gmail dans le but de faire de la publicité ciblée. Mais pour Nicolas Arpagian, spécialiste en cybersécurité, ce n'est pas pour autant qu'on ne recevra plus de pubs ciblées.

Finies les "écoutes aux portes"? Google l'a promis vendredi: d'ici la fin de l'année, il arrêtera de passer au crible le contenu des boîtes Gmail, son service de messagerie. Des mails décortiqués depuis une dizaine d'années de façon automatique, permettant d'envahir de publicités ciblées les ordinateurs, téléphones, tablettes des 1,2 milliards d'utilisateurs Gmail. Les utilisateurs continueront à recevoir des publicités "personnalisées" mais elles seront basées sur d'autres données, comme les recherches Internet, a indiqué Google.

Les défenseurs des données personnelles se plaignent depuis des années de cette pratique, qui revient à "écouter aux portes" des internautes. Une plainte collective (class action) avait même été lancée contre Google en Californie. Mais la raison du changement est avant tout économique: Google est engagé dans une lutte acharnée avec Microsoft et Amazon pour vendre des services (de cloud) aux entreprises, mais ces dernières émettent des doutes quant à la confidentialité de leurs données.

"Google ne sera pas aveugle"

Arrêter de fouiller dans les mails ne signifie toutefois pas arrêter de recevoir de la pub, vu le poids de Google et le nombre de sites et d'applications qu'il possède. C'est ce qu'explique sur RMC Nicolas Arpagian, directeur scientifique à l'Institut national des hautes études de la sécurité et la justice. "Il ne faut pas croire que Google sera aveugle quant à notre consommation numérique, puisqu'il y a pleins d'autres canaux pour capter de l'information sur les comportements et permettre l'identification du profil des centres d'intérêts. Que ce soit avec l'usage de Chrome, son navigateur, utilisé de façon massive. Mais également via les téléphones Android et les sites qui dépendent de Google, par exemple YouTube (visité par plus de 4 millions de Français au quotidien) pour les vidéos, qui devient là aussi source d'informations".

P. G.