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Grève des éboueurs à Marseille: face aux tas d'ordures, ces restaurateurs perdent leurs clients

Les négociations entre les syndicats et la métropole n'avancent pas et la situation pourrait durer, prévient Force Ouvrière.

Cinquième jour de grève des éboueurs à Marseille avec des tas d’ordures qui s’amassent dans une grande partie de la ville, dix arrondissements sont concernés dont l’hyper-centre.

Les discussions entre la Métropole Aix-Marseille-Provence continuent autour du temps de travail des éboueurs au cœur du conflit. Mais les habitants vivent très mal la situation et les commerçants aussi commencent à être impactés. Notamment les restaurateurs.

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Devant le restaurant d’Aboubacar, sur le Vieux-Port, un tas d'ordures de plusieurs mètres de long et d’un mètre de haut s’amoncelle. Un tas constitué uniquement des poubelles des autres.

“C’est à des habitants, des résidents de l’immeuble d’en face, à des restaurateurs du Vieux-Port, de la rue de la République, qui ne se gênent pas pour déposer leurs ordures devant le restaurant sans prendre en compte que leurs poubelles sont mal fermées et on a du jus de poubelle qui coule partout sur le trottoir”, explique-t-il. 

Un problème pour le tourisme

Du coup, Aboubacar et ses employés ont décidé de poser des petits écriteaux sur le tas de sacs poubelle.

“On a écrit 'Ceci n’est pas un endroit pour une poubelle, la planète vous en remercie. Vous avez une benne à quelques mètres au-dessus'”, lit-il. 

Conséquence directe: le restaurant a perdu 20% de son chiffre d'affaires depuis le début de la grève des éboueurs. Il est vrai que Christophe, venu d’Anvers en Belgique, n’a pas vraiment envie de s’y attabler.

“Je disais justement à ma femme que je n’avais pas envie de manger ici, aussi proche de toutes ces saletés. Pour le tourisme, je crois que ce n’est pas très bien”, appuie-t-il. 

Des restaurateurs qui envisagent de mettre en place d’ici quelques mois leur propre système de collectes de déchets.

Lionel Dian avec Guillaume Descours