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Hausse des prix: "On essaye d’acheter moins cher", les Français cherchent à réduire l'impact

C'est l'une des conséquences de la forte inflation de ces derniers mois, les Français ont quelque peu changé leurs habitudes de consommation. Les ventes de produits "premiers prix" ont grimpé de 11% entre janvier et mars.

Alors que l'inflation se poursuit, les marques de distributeurs, souvent plus économiques, tirent leur épingle du jeu au détriment des grandes marques. Les produits "premier prix" des marques de distributeurs voient ainsi leurs ventes grimper de 11% sur les trois premiers mois de l’année selon une étude du panéliste NielsenQ.

Il y a encore un an, Magie, 52 ans, faisait ses courses sans compter. Sauf qu'aujourd'hui, les prix ont tendance à monter.

"La plaquette de beurre est passée à 2,09 euros alors qu’elle était à 1,83 euros avant. Je n’aurais jamais su le prix d’une plaquette de beurre, maintenant je le sais", assure-t-elle.

Alors pour alléger la note, Maggie attend désormais, tous les lundis dans sa boite aux lettres, les prospectus et leurs promotions. "On les attend pour faire les courses de la semaine. Deux achetés et un gratuit, trois achetés et un gratuit, la lessive à moins 50%... On a réussi à se faire des petits week-ends plusieurs fois grâce à ça. Ça représente 30 à 40 euros d’économie par mois, de temps en temps”, détaille-t-elle.

Jusqu'à 6% de hausse de prix d'ici la fin de l'année

Freddy, un retraité, recherche lui aussi la bonne affaire dans un supermarché discount.
Depuis un an, il fait ses courses dans ce type de supermarché. Et des bonnes affaires, il y en a, même sur des marques. “Les savanes Brossard dans les Aldi, vous les trouvez sous une sous-marque, mais la fabrication vient de la même usine. Et c’est le même dosage, le même grammage. Et ce sont 40 centimes de moins par article. Il faut quand même faire ses courses intelligemment et faire plus attention”, affirme-t-il.

Depuis le début de l'année, les marques dites "premier prix" ont pris 6% de croissance.

“Plutôt que d’acheter moins, on essaye d’acheter moins cher. Donc il y a des reports vers des enseignes comme Lidl ou Aldi. Cette préoccupation autour du pouvoir d'achat redevient complètement centrale. 56% des foyers français se disent très inquiets concernant leur pouvoir d’achat, alors qu’ils n’étaient que 40% dans cette situation au mois de décembre. Et on a également 17% des Français qui déclarent boucler très difficilement ou tout juste leurs fins de mois. Donc, là aussi, c’est en croissance de neuf points par rapport au mois de janvier”, indique Gaëlle Le Floch directrice marketing de Kantar Worldpanel, un institut d'études spécialisé sur la consommation.

Le phénomène devrait s'accentuer selon elle dans les prochains mois. Certains spécialistes tablent sur une augmentation des prix des produits alimentaires de 4 à 6% d'ici la fin de l'année. 

Romain Poisot avec Guillaume Descours