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Hausse du prix de l’électricité: l’éclairage public coupé la nuit dans 13 communes

Face à la hausse du prix de l’électricité, la communauté de communes du bassin de Pompey, près de Nancy (Meurthe-et-Moselle), a décidé d’éteindre l’éclairage public la nuit.

Couper l'éclairage public pour faire des économies. C'est la solution trouvée par certaines communes en France. Des collectivités locales n'ont pas attendu la récente hausse du prix de l'électricité pour prendre des mesures, par vertu écologique et/ou par préoccupation économique, mais le phénomène devrait être amplifié par la crise. C'est le cas d'une communauté de communes du bassin de Pompey, près de Nancy (Meurthe-et-Moselle). Le budget pour l’éclairage public est passé de 627.000 euros en 2021 à une prévision de 1 million d'euros en 2022.

Alors pour faire face à cette hausse, depuis lundi, les élus ont donc décidé d'éteindre la lumière entre minuit et 5h30 du matin dans leurs 13 communes, afin d'économiser 20 à 40 % sur leur facture énergétique. "Nous avons été amenés à re-consulter, dans le cadre des marchés publics. Et nous avons vu que l’électricité était multipliée par trois. Nous avions besoin aussi de ce financement pour une rénovation de l’éclairage public, pour moins consommer demain. Donc nous avons décidé de mettre en place cette mesure d’économie", explique Laurent Trogrlic, maire de Pompey, président de la communauté de communes, dans "Apolline Matin" ce vendredi sur RMC et RMC Story.

Contrairement aux particuliers et aux entreprises, les collectivités locales ne sont pas concernées par le bouclier tarifaire, mis en place par le gouvernement cet hiver pour limiter les impacts de la hausse du prix de l’électricité. "Nous ne sommes pas protégés, nous ne bénéficions pas de cette mesure", confirme le maire de Pompey, qui reconnait que la réaction de la population face à cette coupure nocturne est "mitigée", notamment à cause des inquiétudes pour la sécurité.

"Un gros investissement" pour moderniser l’équipement

"Généralement, c’est plutôt accueilli favorablement, souligne-t-il. Nous avons regardé la problématique de la sécurité. Les statistiques montrent que 80% des cambriolages sont plutôt faits pendant la journée. Et les agressions se font à 99% dans des secteurs éclairés. Au vu de ces chiffres, nous avons pensé qu’il était bien de fermer cet éclairage public. On le fait aussi dans cette période estivale parce que les nuits sont plus claires. Cela amène peut-être moins ce sentiment d’insécurité. Et le fait que ce soit plus sombre amène à être plus prudent et donc à rouler moins vite."

Dans cette communauté de communes, l’argent économisé de cette façon va être utilisé pour moderniser l’équipement. "Nous engageons un gros investissement qui doit nous amener à faire 85% d’économies d’énergie, explique Laurent Trogrlic. La question ne se posera plus de la même façon car on aura une facture raisonnée." Et à l’avenir, la lumière devrait revenir la nuit. "On est sur une décision temporaire, uniquement sur la période estivale", rassure le président de la communauté de communes.

LP