RMC

"Il restait trois clients dans la boutique": une boulangerie fermée administrativement pour non-respect du couvre-feu de 15 minutes

TEMOIGNAGE RMC - Dans le 14ème arrondissement de Paris, une vingtaine de commerces se sont vus imposer une fermeture administrative le mois dernier.

Le gouvernement a donc décidé de ne pas confiner l'Île-de-France le week-end pour autant, le couvre-feu à 18h est toujours d'actualité. Et gare à ceux qui ne le respectent pas. Preuve de la tolérance zéro des autorités, ces commerces qui se voient fermés administrativement pour avoir baissé le rideau trop tardivement.

Pour James Fairier, pâtissier et responsable d'une boulangerie dans le sud de Paris, c'est la fin d'une période difficile. Il vient de rouvrir sa boutique après une fermeture administrative de 15 jours. Sa faute, avoir vendu du pain après 18h.

“Il devait être 18h15-18h20, il restait trois clients dans le magasin. Une patrouille de police est passée et a décidé de fermer sur le champs pour 20 minutes. Ils n’ont même pas verbalisé les clients qu’il y avait. Ils nous ont dit de faire partir les clients et de fermer le soir même. Et impossible de rouvrir le matin”, raconte-t-il.

>> A LIRE AUSSI - A quand la réouverture des restaurants en France? La réponse d'Olivier Véran sur RMC

À ce moment là, James est chez lui, c'est sa vendeuse qui l'appelle paniquée. Pour lui, la mesure, est complètement disproportionnée. "

Ca représente une grosse perte de chiffre, il y a beaucoup de matières premières qu’on a dû jeter parce qu’on ne peut pas se permettre de laisser les produits dans les frigos ou les congélateurs pendant quinze jours. Il faut payer les salariés en congés payés parce qu’on a aucune aide. On venait d’ouvrir donc on avait une bonne clientèle. Ils viennent devant la boulangerie et la trouvent fermée, c’est dommage", regrette-t-il.

Plus de vigilance

Justement, Colette, habitante du quartier, n'était pas au courant. Pour elle, cette décision est “complètement débile. Pour un quart d’heure, ce n'est quand même pas la mer à boire et puis une fermeture de quinze jours, c’est énorme”, juge-t-elle.

Dominique Enract, président de la confédération nationale de la boulangerie et pâtisserie française, est du même avis. Il rappelle les difficultés pour le boulanger de dire non à son client.

“Le boulanger ne va pas compter les 8 à 10 baguettes qu’il va vendre en 10 minutes. C’est surtout ce lien social qui est encore plus fort dans ces crises. Le boulanger est très malheureux de ne pas pouvoir dépanner un client qui arrive avec 10 minutes de retard”, appuie-t-il.

Il assure que depuis ces fermetures administratives, les boulangers font très attention à baisser le rideau à 18h pile.

Florian Chevallay avec Guillaume Descours