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Inondations, les agriculteurs touchés: "On a des vaches qui sont entourées d'eau, on ne peut pas les évacuer"

TÉMOIGNAGE - A cause des inondations de nombreuses cultures sont submergées et des animaux isolés par l'eau. En Seine-Maritime, Sébastien Thénard, un agriculteur espère une décrue rapide pour pouvoir encore sauver ses champs et ses bêtes.

A Saint-Aubin-les-Elbeuf en Seine-Maritime, l'exploitation familiale de Sébastien Thénard a subi de plein fouet la crue de la Seine. "On a des cultures qui sont sous l'eau, des vaches qui sont entourées d'eau, on ne peut pas les évacuer. Les bêtes sont isolées sur une île". Une source d'inquiétude pour cet agriculteur qui fait aussi la liste de cultures touchées dans son exploitation.

"Pour le maïs il y en a pour vingt hectares, deux hectares de betteraves. Il y avait une parcelle où on devait faire du foin. Entre les poissons morts et les poubelles qui suivent l'eau, je ne sais même pas si on va pouvoir le récolter. Je n'ose même pas aller voir..."

"Une grosse perte économique"

Résultat, une année de travail pourrait être gâchée. L'agriculteur le sait, ce sera en tout cas "une grosse perte économique". "Je ferme un peu les yeux là-dessus, j'essaye de voir si je peux sauver les vaches. Il y a des emprunts derrière à rembourser donc qu'est-ce qu'on va faire après?" s'interroge-t-il. Sébastien Thénard a commencé à prendre des photos des sinistres pour son assureur. "On a commencé à parler d'indemnité. Pour l'instant il n'est pas trop pressé à parler de ça. Il nous a dit, le maïs ça aime bien l'eau donc ça va payer... Ca aime bien l'eau, mais ça n'aime pas être noyé!" constate-t-il.

En attendant, l'agriculteur n'a qu'un espoir, que la Seine redescende dans les deux prochains jours pour pouvoir ainsi sauver ses vaches et une partie de sa récolte. Mais le retour à la normale pourrait prendre "bonne semaine à dix jours" estime Emma Haziza, hydrologue, directrice du centre Mayane qui étudie les risques d'inondations.

"C'est long à évacuer, tout simplement parce qu'on est sur un grand bassin. La Seine fait plus de 700 km de long, sans compter les affluents. Surtout que là, on est dans un contexte où on a de très très hautes marées", explique-t-elle.

D'autres phénomènes orageux pourraient également venir s'ajouter aux sols déjà saturés d'eau et mettre encore plus en difficulté les agriculteurs. 

C. B avec Anaïs Bouitcha et Anaïs Denet