RMC

"J'ai dû mentir pour avoir mon prêt immobilier": le témoignage de Sonia, atteinte d'une grave insuffisance rénale, sur RMC

Petite révolution dans le monde bancaire: le Crédit mutuel va arrêter les questionnaires santé auxquels sont habituellement soumis les candidats à un prêt bancaire.

Si Sonia ne veut pas montrer son visage et rester anonyme, c'est parce que pour obtenir son prêt immobilier, elle a dû mentir à sa banque et cacher sa grave insuffisance rénale lors du traditionnel questionnaire de santé:

"Je ne précise pas que je suis dialysé, donc je dis que j'ai un petit problème d'hypertension, c'est tout".

Car avant cela, Sonia, 52 ans, s'était vu refuser par plusieurs banques ses demandes de crédit: "Ils disent qu'ils préfèrent ne pas s'engager parce que c'est une maladie chronique". Des refus, en cascade, qu'elle a très mal vécus:

"Ce n'est pas parce que j'avais un problème d'argent, je n'en avais pas. Pour moi c'était une injustice. Toute ma vie, je dois porter cette maladie, et à chaque fois que je demande quelque chose on me dit non parce qu'il y a cette maladie", dénonce Sonia.

Au tour des autres banques?

Mais petite révolution dans le domaine bancaire cette semaine, le Crédit mutuel a annoncé la suppression du fameux questionnaire de santé. Les malades du cancer, ou les personnes atteintes de maladie chronique comme Sonia pourront donc désormais emprunter librement, ou sans avoir à emprunter à des taux plus élevés en raison d'une surprime d'assurance.

Une nouvelle qui ravit Sonia tout comme Jean-Yves Mano, président de l'association de consommateur "Consommation, logement et cadre de vie (CLCV)": "C'est une petite révolution. Souhaitons que l'ensemble des groupes bancaires puissent suivre cette démarche extrêmement positive pour les clients concernés".

Le dispositif reste toutefois soumis à condition: il ne concerne que l'achat de la résidence principale et uniquement pour les clients depuis plus de 7 ans au Crédit Mutuel. Ils ne doivent toutefois pas être âgés de plus de 62 ans lors de la souscription et le crédit sera plafonné à 500.000 euros par emprunteur. Aujourd'hui, seuls les anciens malades d'un cancer bénéficient auprès des banques d'un "droit à l'oubli".

>> A LIRE AUSSI - La joggeuse disparue en Mayenne retrouvée après s'être réfugiée dans un restaurant: ce que l'on sait

Marie Régnier (avec Guillaume Dussourt)