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"Je suis obligée de mettre en chômage partiel trois personnes": à Rennes, les restaurateurs dépités par la fermeture des bars à 23h

Le Covid-19 continue de circuler largement. Conséquence, de nombreux départements choisissent d'anticiper la fermeture des bars et restaurants.

23h tout le monde dehors! Les patrons de bars rennais ne pourront pas rouvrir leurs portes dans la soirée, comme ils l’espéraient. Depuis une semaine, un arrêté préfectoral les oblige à inviter leurs clients à quitter les lieux avant les 12 coups de minuit. Dimanche, le tribunal administratif de Rennes a rendu sa décision: l'arrêté reste inchangé et est valable jusqu'à la fin du mois.

Lorsque le rideau du bar "La Part des Anges" tombe à 23 heures, c’est 3000 euros qui ne vont pas dans la caisse d’Orane, la gérante de ce bar accuse le coup: "Je suis obligée de mettre en chômage partiel trois personnes. Et à côté de chez moi, il y a 500 personnes qui se regroupent le jeudi, le vendredi et le samedi soir sans masque. C'est une mesure qui est un non-sens total".

"Le Covid-19, on l'attrape partout"

C’est aussi l’incompréhension du côté de l'Union des métiers de l'industrie hotellière en Ille-et-Vilaine. Pour François de Pena, membre du comité de direction, cette mesure stigmatise les bars rennais:

"Le Covid-19, on l'attrape partout. Dans les écoles, dans les appartements étudiants et dans les fêtes privées. Les professionnels sont sacrifiés puisqu'ils perdent entre 20 et 60% de leur chiffre d'affaires qu'il faisait dans ce créneau-là. Ils sont sacrifiés pour une mesure qui ne sert qu'à montre qu'on a pris une mesure et qui sera inefficace".

Depuis la mise en place du décret, il reçoit chaque jour une dizaine d’appels et de mails de patrons de bars en détresse. 

Margaux Bédé (avec Guillaume Dussourt)