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L'huile de tournesol remplacée: l'association Foodwatch comprend mais demande plus aux industriels

Face à la pénurie d'huile de tournesol, les industriels pourront changer leurs recettes de sauces, chips ou margarines pendant six mois, sans indiquer ce changement sur leurs emballages. La directrice générale de l'association de protection des consommateurs Foodwatch, Karine Jacquemart, a livré son avis sur ce compromis sur RMC ce mercredi matin.

Des milliers de produits seront impactés. L'Ukraine assurait, avant l'invasion de son territoire par la Russie, 50% du commerce mondial d'huile de tournesol. Cette guerre a ainsi bousculé le marché mondial de l'huile de tournesol et l'impact se fait ressentir depuis plusieurs semaines en France. Les restaurateurs ont du mal à se procurer de l'huile, les consommateurs également, et les industriels se voient même contraints d'adapter leurs recettes.

A cause de ces difficultés d'approvisionnement, l'Etat a autorisé mardi pour six mois maximum les fabricants de margarine, chips et sauces à remplacer l'huile de tournesol sans changer leur emballage. Une concertation a été réalisée entre tous les acteurs industriels et les associations de consommateurs pour trouver la solution idoine qui convienne à toutes les parties.

"Cela se comprend avec ce contexte et cette situation exceptionnelle"

Karine Jacquemart, directrice générale de Foodwatch France, était l'invitée de RMC ce mercredi matin, et estime que l'accord trouvé "permet d'avancer" dans ce contexte tendu.

"Ce sont des dérogations par rapport aux règlementations européennes très exigeantes sur l'information aux consommateurs. ​Ce n'est pas la première fois que cela arrive, comme pendant le Covid où cela s'était fait en catimini, et on avait dénoncé ces pratiques. Là, cela se comprend avec ce contexte et cette situation exceptionnelle."

Pénurie d'étiquettes? "On a du mal à l'avaler"

D'autant plus qu'en complément d'une pénurie d'huile, il y aurait une pénurie d'étiquettes, selon les industriels. "Ça, on a eu un peu de mal à l'avaler, concède Karine Jacquemart. Ils disent que ça prend trois à six mois pour changer les emballages." Mais le compromis trouvé oblige tout de même les industriels à rajouter des étiquettes.

"On a obtenu qu'il faille mettre des stickers complémentaires sur des produits ajoutés qui pourraient être allergènes, sur la présence d'OGM et sur la présence d'huile de palme", explique la directrice générale de Foodwatch France.

Il reste des choses qui deumeurent floues: "L'impact sur les prix et sur le Nutri-score est inconnu. On veut que les distributeurs s'engagent. Quand ils veulent mettre de l'information, pour les promotions par exemple, ils peuvent", note Karine Jacquemart.

En ce sens, l'association Foodwatch veut continuer d'être très exigeante avec les fabricants et distributeurs, avec une pétition à l’appui, pour demander aux industriels de faciliter au maximum l’accès à l’information dans les rayons et directement sur les produits concernés.

J.A.