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La Géorgie, état rural et soutien indéfectible de Donald Trump

Quatre ans après l’arrivée de Donald Trump, l’homme qui a promis de défendre l’Amérique, sont-ils satisfaits du locataire de la Maison Blanche?

Sous le soleil de Géorgie, une voiturette sillonne les rangés d’arbres fruitiers. Jerome Crosby s’assure qu’il n’y ait aucunes mauvaises herbes autour de ses plantations. L’un de ses employés répand un puissant désherbant. “On finit ça aujourd’hui et demain matin on passera au pulvérisateur. Vois jusqu’où tu peux aller”, lui indique-t-il.

Depuis 2005, ce propriétaire terrien s’est consacré entièrement à la production de myrtille et il a multiplié par cinq la taille de son exploitation. 

"Nous avons du agrandi notre ferme. On n’a pas eu choix. Ca nous fait beaucoup plus de travail. Mais c’est indispensable parce qu’aujourd’hui avec 100 dollars investis, on en récupère à peine trois. Il y a 15 ou 20 ans, avec 100 dollars, on en gagnait 20”, indique-t-il.

En Géorgie, la myrtille rapporte chaque année plus de 500 millions de dollars aux producteurs qui emploient 4000 personnes. Un secteur qu’il faut défendre, selon Jerome Crosby. Alors l’agriculteur votera cette année une nouvelle fois pour Donald Trump le chantre du protectionnisme. Pour lui, l’actuel président est celui qui protège le mieux.

“Il a tenu parole. Il fait passer l’Amérique d’abord. Son administration soutient les entrepreneurs. Elle nous a facilité la vie en allégeant les règles. On a pu soumettre nos demandes en tant que producteurs de myrtille, le Président nous a écouté. Ses équipes nous ont aidé autant que possible sur nos dossiers. Donc on est ravis”, explique-t-il. 

Un soutien encore plus fort cette année

Pourtant, les renégociations des traités commerciaux et les barrières douanières imposées par le président américain ne vont pas assez loin pour l’exploitant agricole. Il aimerait par exemple que les myrtilles importées d’Amérique latine soient davantage taxées. “On est frappé par une concurrence déloyale dont la main d’œuvre est beaucoup moins chère. Moi je paye mes employés 15 dollars de l’heure pour récolter les myrtilles. Au Mexique, ce même employé est rémunéré 1,50 dollars de l’heure. C’est un énorme désavantage pour nous”, confesse-t-il. 

Ce reproche, Gary Black, le président de la commission agricole de l’Etat de Géorgie, l’entend régulièrement. Pour autant, cet élu du parti républicain l’assure: le monde rural votera une nouvelle fois pour Donald Trump.

“Les citoyens ruraux étaient déjà derrière lui en 2016 mais je suis convaincu que ce soutien sera encore plus fort cette année. Sa base électorale, c’est vraiment les habitants des campagnes et ça c’est aucun sondage ne le mesure”, affirme-t-il. 

Pour soutenir les agriculteurs, le gouvernement fédéral a distribué cette année un montant inédit de subventions. Le moyen aussi de faire pencher la ruralité du côté du président sortant.

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Episode 6 - La Géorgie, état rural et soutien indéfectible de Donald Trump

Nicolas Ropert et Caroline Philippe avec Guillaume Descours