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"La gratuité serait normale!": pourquoi la mairie de Paris réfléchit à faire payer les terrasses éphémères des restaurateurs

La mairie de Paris veut désormais faire payer l'utilisation de l'espace public par les restaurateurs, qui avaient pu installer des terrasses sur des places de stationnement au premier déconfinement.

L'annonce soudaine de la mairie de Paris de faire payer les terrasses éphémères, c'était presque prévisible pour Olivier Marzetto gérant d'un restaurant dans le 19e arrondissement: "Dès qu'on voit un coin de ciel bleu, on a l'impression que quelqu'un est payé pour mettre des nuages devant".

Mais trêve de poésie, Olivier comptait sur la gratuité de sa terrasse improvisée pour remonter la pente après 6 mois de fermeture:

"Je n'arrive pas à comprendre la logique. En période de pandémie avec des restrictions d'ouvertures de surface, je pense que la gratuité serait normale. L'année dernière, à partir du moment où j'ai pu mettre en place une terrasse éphémère, j'ai arrêté d'être un poids pour l'Etat et d'avoir le fond de solidarité"

Alexis Braconnier restaurateur dans le 11e arrondissement était prêt à ouvrir comme l'année dernière sa petite cabane de jardin installé sur une place de parking en face de son établissement. Mais depuis son installation, la police menaçait de la détruire alors pour lui, payer son emplacement, c'est une façon de protéger son affaire:

"C'est rassurant de se dire qu'on a la légitimité de cette terrasse et qu'on ne va plus être embêté. Je veux bien payer la tranquillité, mais pas à n'importe quel prix par contre".

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Un manque à gagner de 34 millions d'euros pour la mairie

Mais l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (Umih), le syndicat de la restauration, ne veut pas entendre parler de tarification des terrasses éphémère en tout cas pour l'instant:

"Qu'elles soient payantes au terme de cette crise on veut bien en parler mais ce n'est pas le moment de dire 'vous allez payer dès le mois de juillet'. Nous demandons l'exonération des terrasses sur six mois jusqu'à la fin de l'année pour pouvoir survivre et subsister pour la relance".

Exonération inenvisageable pour Olivia Polski, adjointe chargée du commerce à la mairie de Paris: "Qui dit occupation du domaine public à vocation commerciale dit tarification légale. Si on veut pouvoir contrôler d'un point de vue esthétique ou de nuisances sonores, il faut que ce soit intégré dans le cadre d'un règlement".

Car la municipalité souhaite rétablir les droits de terrasse dès le 1er juillet et réglementer davantage l'aménagement de ces extensions éphémères. Et pour la mairie de Paris, les terrasses c'est aussi de la trésorerie: en 16 mois de gratuité elle estime un manque à gagner de 34 millions d'euros.

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Romain Poisot (avec Guillaume Dussourt)