RMC

La nouvelle méthode douteuse d'Indexia (ex-SFAM) pour débiter ses anciens clients

INFO RMC. Nouvelles révélations ce mercredi sur l’assureur de téléphones Indexia, ex-SFAM, et sa nouvelle méthode pour réengager ses anciens clients sans aucune signature de leur part.

Après son renvoi devant le tribunal correctionnel de Paris pour “pratiques commerciales frauduleuses”, la semaine dernière, c’est une nouvelle pratique douteuse d'Indexia (connu sous le nom de SFAM) que "RMC s'engage pour vous" dévoile ce mercredi.

Mehdi (le prénom a été changé) est un ancien superviseur de téléconseillers chez Indexia, ex-SFAM. Il a été licencié le 9 août pour faute grave. Nous avons pu consulter sa lettre de licenciement et le motif ne fait que peu de doute: quelques jours avant son renvoi, Medhi avait réclamé des explications à sa hiérarchie sur une nouvelle offre qu’il devait vendre: le "buy-back autonome".

La méthode est hallucinante et pourtant bien réelle. Imaginons que vous êtes un ancien client, vous avez résilié votre contrat il y a plus de trois ans, un téléconseiller vous appelle ensuite pour vous proposer de la documentation par mail, au sujet d’une nouvelle offre. Que vous acceptiez ou non, vous recevez le mail et vous êtes automatiquement réengagé. Après un mois de gratuité, l’assureur prélève l’abonnement sur votre compte puisqu’il a conservé vos coordonnées bancaires.

Un ancien salarié: "J’ai dit qu’on était des voleurs et des arnaqueurs"

Mais est-ce que la méthode légale? C’est la question que Medhi a posé à sa hiérarchie, quelques jours avant son licenciement.

"J’ai dit qu’on était des voleurs et des arnaqueurs. Lorsqu’on prend de l’argent à une personne contre son plein gré, comment ça s’appelle ? C’est pour ça que j’ai été licencié. Sérieusement, ça m’a enlevé un poids. J’ai une famille, des enfants. Ça me fait du bien de ne plus donner à manger à mes enfants avec de l’argent que je prends aux autres. C’est ce que j’ai reproché plusieurs fois. J’ai ouvert ma bouche, ça a déplu."

Nous avons vérifié dans le code de la consommation: sans contrat signé de la main ou électroniquement, pas d’engagement possible.

"Même si on a fait opposition, ils peuvent refaire un faux contrat dans l’avenir"

Les équipes de "RMC s'engage pour vous" ont également retrouvé des victimes de ces méthodes. Parmi elles, Emilie. Ancienne cliente de la SFAM il y a plus de quatre ans, elle a découvert par un simple mail le mois dernier qu’elle était ré-engagée sur un contrat auquel elle n’a jamais consenti. Et la méthode est précisément celle dénoncée par Mehdi: un coup de téléphone, un mail, pas de contrat signé mais des prélèvements. 85 euros pour elle, fin juillet.

"C’est là où ça me pose un souci, c’est que sans signature, tout est possible. Je suis en colère. C’est géré avec ma banquière, qui m’a dit que même si on a fait opposition, ils peuvent refaire un faux contrat dans l’avenir. La semaine prochaine, je peux me retrouver encore avec un prélèvement. Elle m’a dit de suivre le compte régulièrement et de signaler à chaque fois si un prélèvement injustifié est fait, pour que la banque puisse faire les démarches de son côté."

Depuis nos premières révélations sur les méthodes d’Indexia (ex-SFAM) le 14 février, l’assureur n’a jamais daigné s’engager auprès de ses clients pour rembourser les sommes contestées.

Sur cette nouvelle méthode, nous avons sollicité à nouveau le groupe qui nous a répondu par écrit. Il dément catégoriquement. Selon eux, “toute vente, y compris à distance, est systématiquement réalisée avec le consentement du client”.

Sauf qu’Émilie nous assure, preuves à l’appui, n’avoir rien signé. Et légalement, quand on a résilié un contrat, l’entreprise n’a plus le droit d’utiliser le mandat de prélèvement bancaire qui y était affilié. Mais, techniquement, elle peut toujours, tant que vous n’avez pas révoqué ce mandat auprès de votre banque.

C’est ce que nous avons expliqué à Émilie, afin qu’elle puisse faire les démarches auprès de son organisme financier.

Amélie Rosique (édité par J.A.)