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Le boucher agressé par des militants antispécistes encore sous le choc: "Moralement, ce n'est pas le top"

Une vingtaine de militants vegans antispécistes ont déversé des bouteilles de faux sang dans une boucherie bio à Paris. Deux d'entre eux seront jugés ce mardi en comparution immédiate. Steevens Kissouna, le boucher, est toujours sous le choc.

Trois jours après l'agression, le jeune boucher bio de 33 ans est encore sous le choc de la scène: "J'ai levé la tête et j'ai vu entre 15 et 20 personnes vider leur liquide rouge dans la vitrine. (…) Toute la marchandise a été abîmée. J'ai dû fermer depuis samedi après-midi parce que tout mon étalage a été détruit. Quand j'ai fait le tour de l'étalage pour les faire partir et il y a eu une grande bousculade et l'un d'entre eux m'a donné un coup de poing au niveau des côtes. J'ai une côte fêlée et 7 jours d'ITT", a-t-il raconté ce mardi dans Bourdin Direct.

Et de poursuivre: "On en avait entendu parler mais c'est la première fois que ça m'arrive. J'ai un sentiment d'incompréhension. On peut comprendre qu'ils ne veuillent pas manger de viande mais ils n'ont pas à agresser les gens comme ça, gratuitement, pour faire passer leurs idées, c'est inadmissible. Se lever le matin et se faire agresser par des gens".

Lundi, il a pu voir au commissariat les deux militants interpellés, mais le dialogue semblait impossible: "Ils ont exposé leurs faits, j'ai exposé les miens, on n'a pas échangé. Ils ne montraient rien d'extraordinaire, ils étaient là sans être là. Ils avaient l'air d'être perdus dans leur tête."

"Ils détruisent des vies de famille"

Depuis ce week-end, le boucher a reçu des soutiens. D'autres bouchers, de collègues du marché, de ses clients: "Je me suis senti soutenu, donc dans ces conditions-là, ça aide beaucoup, parce que moralement, ce n'est pas le top. Ils détruisent des vies de famille dans leur façon de faire, donc il faut qu'ils comprennent qu'on ne peut pas procéder comme ça".

Un soutien qui l'a poussé à reprendre le travail, avant même la fin de sa semaine d'arrêt, prescrite par un médecin. Je suis artisan, je suis à mon compte, donc j'ai des loyers et j'ai besoin de revoir les clients parce qu'en restant comme ça à la maison, on réfléchit beaucoup.

Les deux militants antispécistes, un homme et une femme, seront présentés au parquet ce mardi, en comparution immédiate.

Rémi Ink avec Paulina Benavente