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Le pouvoir d'achat grignoté dans les prochains mois? Ce que le gouvernement prévoit pour compenser

Fiscalité du gazole: le gouvernement favorable à un report d'un an

Fiscalité du gazole: le gouvernement favorable à un report d'un an - Alain Jocard - AFP

LECHYPRE D'AFFAIRES - L’inflation va continuer à grignoter le pouvoir d’achat dans les prochains mois. Que peut faire le gouvernement pour alléger nos factures ?

La question la plus sensible pour le pouvoir d'achat des Français: c'est l’énergie. Le gouvernement vient déjà d’annoncer un coup de pouce de 100 euros au chèque énergie que les ménages les plus modestes recevront en décembre. Si la hausse dure, plusieurs outils sont encore à sa disposition.

Il peut rétrocéder aux ménages modestes une partie de économies que l'Etat réalise sur les aides aux producteurs d’énergies renouvelables, qui gagnent plus d’argent, donc ont moins besoin d’aide.

Sinon il peut baisser les taxes comme la Contribution au service public de l’électricité (soit 25% de la facture d’électricité HT), la contribution tarifaire d’acheminement. Sur l’essence, le gouvernement peut proposer de baiser dans le budget 2022 le taux de TICPE applicable à l’essence routière (33% total). Ca coûte, mais les déficits sont plus faibles que prévu.

Au-delà de l’énergie, le gouvernement peut-il, pour nous redonner du pouvoir d’achat, baisser les impôts ?

Aucune mesure forte en faveur des ménages n’est pour l’instant prévue, hormis la réduction d’un tiers de la taxe d’habitation pour les 20% de foyers qui la paient encore.

En revanche, les ménages vont profiter indirectement des baisses d’impôts accordées aux entreprises (encore 10 milliards de baisses d’impôts à la production en 2022). Et également de l’impôt sur les sociétés: selon France Stratégie, ces mesures fiscales en faveur des entreprises sont synonymes de 20% de production en plus en France pour nos constructeurs automobiles.

Quels leviers le gouvernement peut-il utiliser pour augmenter les salaires?

Il n’y aura pas de coup de pouce au SMIC au-delà du coup de pouce automatique lié à l’inflation. La religion du gouvernement est faite : augmenter le SMIC, c’est pénaliser l’embauche des moins qualifiés et ça fabrique du chômage.

En revanche, Elisabeth Borne a exhorté ce weekend toutes les branches dont les minima salariaux sont inférieurs au SMIC à les revaloriser (15% des branches, dont Hôtellerie restauration). Vu les pénuries de main d’œuvre, ça devrait bouger.

L’Etat peut aussi augmenter ses propres salariés: les sages-femmes travaillant à l'hôpital recevront à partir de janvier une prime de 100 euros net et une hausse de salaire d'environ 100 euros brut par mois.

Et puis il y a tous les autres fonctionnaires: les syndicats et la ministre de la Fonction publique Amélie de Montchalin entament mardi un cycle de négociations autour des rémunérations. Qui durera jusqu’en février. La dernière revalorisation date de 2016.

N’oublions pas la prime exceptionnelle de pouvoir d'achat reconduite en juillet (jusqu’à 1.000 euros exonérés d'impôts et de cotisations sociales). Donc il y a du grain à moudre.

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Emmanuel Lechypre (avec J.A.)