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Les agriculteurs ne rejoignent pas les "gilets jaunes" mais manifesteront bien la semaine prochaine

La FNSEA par la voix de sa présidente Christiane Lambert a confirmé ce matin sur RMC que les agriculteurs vont défiler la semaine prochaine, sans toutefois se greffer au mouvement des "gilets jaunes". Leur première revendication : "Arrêter le matraquage fiscal".

La FNSEA entre dans la danse. Trois semaines après le début du mouvement des "gilets jaunes" qui recueillent encore près de 70% d'opinions favorables auprès des Français selon différents sondages, au tour des agriculteurs de faire état de leur colère. 

Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, était l'invité de Bourdin direct ce jeudi matin et a tenu à distinguer les deux mouvements, en "respectant" le fait que les "gilets jaunes" soient un mouvement apolitique et non-syndical.

"Ce seront des manifestations dans le calme et dans le respect des biens et des personnes"

Il n'empêche que les agriculteurs feront état de leur colère durant diverses manifestations la semaine prochaine, mais Christiane Lambert promet qu'il n'y aura pas de débordements.

"Ce seront des manifestations dans le calme et dans le respect des biens et des personnes. Je suis très compatissante vis-à-vis des personnes qui assurent la sécurité de notre pays et il n'y aura pas de notre côté de violences. Quand il y a eu, lundi à Strasbourg, 700 tracteurs qui sont allé manifester leur mécontentement et leur attentes vis-à-vis du gouvernement, tout s'est passé dans le calme", salue-t-elle. 

Trois revendications claires

L'agriculture est un secteur fragile depuis de nombreuses années et la FNSEA porte trois revendications principales devant le gouvernement.

"La première: arrêter le matraquage fiscal. Les agriculteurs payent 140 millions de redevance écologique. On veut nous rajouter à cette somme-là 112 millions d'euros au 1er janvier 2019. C'est impossible à assumer avec des revenus qui ne sont pas bons en agriculture."

La deuxième concerne les prix qui devaient être plus avantageux pour eux grâce à la loi Alimentation mais qui tardent à se concrétiser.

"Les ordonnances de la loi Alimentation devaient entrer en vigueur le 1er janvier, les agriculteurs en ont besoin pour leurs revenus. Ca a été repoussé mais il faut que ce soit (réglé) en février maximum. Donc il faut que le conseil des ministres l'examine dès la semaine prochaine."

Le troisième revendication est plus étonnante et vise les ONG qui dénoncent les excès de l'agriculture de masse. 

"Les agriculteurs en ont assez du matraquage permanent par les plateforme de type Greenpeace, ou Générations futures qui pointent du doigt les agricultures. Les fermes-usines dénoncées récemment n'en sont d'ailleurs pas. Il y a eu de la casse et des destructions dans certaines exploitations à cause de cela. Ceux qui font ceci portent une lourde responsabilité sur l'insécurité pour les agriculteurs qui veulent faire leur travail correctement. Je le dénonce."
J.A. avec Bourdin direct