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Les assurances obsèques, ce  "business de la mort", épinglées par 60 millions de consommateurs

Selon le magazine, les assurances obsèques que proposent certaines assurances ne sont rentables que si on meurt rapidement. Dans certains cas, ils peuvent même devenir des placements à perte.

Les assurances obsèques sont des "placements ruineux". C'est ce que dénonce le magazine 60 millions de consommateurs dans son hors-série d'octobre-novembre consacré au "business de la mort". Le magazine a passé au crible 11 contrats d'assurance. Résultat, dans beaucoup de cas, la prime reçue est inférieure aux cotisations, les frais de gestions explosent et les délais de versements sont plus longs que prévus.

Globalement, "plus on vit longtemps, plus on a de risques de cotiser à fonds perdus", alerte le magazine alors que les frais d'obsèques ont augmenté de plus de 8 % en trois ans. Une situation que de nombreuses familles ont découvert au moment du décès d’un proche. 

Quand sa grand-mère décède l'an dernier à 94 ans, Philippe découvre qu'elle avait souscrit 15 ans plus tôt à une assurance obsèques.

"Au moment de son décès, lorsqu’on a voulu s’occuper de ses obsèques, on a contacté cette assurance et d’après des versements qu’elle versait trimestriellement, elle aurait versé presque 6000 euros. Nous, on a récupéré 2436 euros", affirme Philippe. 

"Ce n’est rien d’autre que du vol"

Soit moins de la moitié de la somme. Un scandale pour ce Montpelliérain qui en veut à l'assureur. "Qu’il gagne de l’argent, c’est normal parce que c’est leur but. Mais de là, à ne pas rendre quasiment 4000 euros, c’est honteux. Ce n’est rien d’autre que du vol", estime-t-il. 

Même si tous les produits ne se valent pas, évitez-les conseille 60 millions de consommateurs.

"Ce sont des contrats où l’on parie un peu sur sa propre mort. Le contrat devient rentable si on meurt vite finalement. Il faut plus de transparence de la part des assureurs. On a voulu montrer les dérives et les pièges qu’il y a autour de la mort", détaille Christelle Pangrazzi, la rédactrice en chef adjointe du magazine.

Les assureurs se défendent en affirmant que l'assurance obsèques n'est pas un contrat d'épargne et que les conditions sont énoncées clairement lors de la souscription.

Nicolas Ropert avec Guillaume Descours