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"Les mouvements animalistes sont trop pacifiques, on doit être pris plus au sérieux" clame un militant antispéciste sur RMC

Plusieurs manifestations anti-spécistes se sont déroulées mercredi soir un peu partout en France. Vincent Aubry, co-fondateur de l’association "Boucherie-Abolition" était l'invité de Jean-Jacques Bourdin ce jeudi matin sur RMC, pour revenir sur la lutte vegan et anti-spéciste.

Les végans multiplient les actions coup de poing ces derniers mois. Et ils ne semblent pas vouloir s'arrêter, bien au contraire.

Depuis le début de l'année, la Confédération française de la boucherie, boucherie-charcuterie, traiteurs (CFBCT) a recensé en France "douze cas de commerces alimentaires caillassés avec tags de revendications antispécistes" et "plusieurs dizaines" de cas de détériorations, avec du "faux sang versé" ou de la "pose d'autocollants revendicatifs".

Les militants antispécistes, qui sont opposés à toute hiérarchie entre espèces, notamment entre l'être humain et les animaux, ont organisé mercredi soir une "nuit debout" devant quatre abattoirs. Un face à face tendu face aux agriculteurs.

"Parler au nom des victimes"

Favorable à ces rassemblements, Vincent Aubry, co-fondateur de l’association "Boucherie-Abolition" était l'invité de Jean-Jacques Bourdin ce jeudi matin sur RMC. Autoproclamé "résistant animaliste", il assure qu'il veut durcir le combat pour se faire entendre dans l'opinion publique.

"Une fois qu’on a vu ce qui se passait, c’est un devoir moral qu’on a par rapport aux victimes de parler en leur nom, et de faire en sorte que ce système tortionnaire s’arrête le plus vite possible. Pour moi ces actions (dégradations de vitrines) ne sont absolument pas violentes, ce serait malhonnête de pointer la prétendue violence des animalistes sans pointer la violence initiale que l’on combat. Ce qu’il y a dans les vitrines des boucheries ce sont des corps découpés, décapités, des animaux torturés."

Citations de Malcolm X et limites de la violence

Sans préciser sous quelles formes pourraient prendre des actions plus fortes, Vincent Aubry estime que le mouvement est pour l'instant trop pacifiste, et cite Malcolm X, militant actif dans la lutte contre les inégalités raciales aux USA dans les 1960, pour justifier un durcissement des actions.

"Les mouvements animalistes sont trop pacifistes, on a besoin que la lutte soit prise beaucoup plus au sérieux. Les bris de vitrines, par rapport à ce qu’il se passe ce n’est rien. Malcolm X disait: ‘On obtient la liberté en montrant qu’on est prêt à tout pour l’obtenir.’ Ce qui se passe est un massacre universel à grande échelle. On va créer un rapport de force. On va nommer nos ennemis. Les bouchers en font partie, certes c’est la fin de la chaîne, il y a tous les élevages, les Nestlé, Lactalis. La guerre ce n’est pas nous qui l’avons déclaré, ce sont ces acteurs là qui l’ont déclaré aux animaux."

"La violence elle est dans les vitrines"

En revanche Vincent Aubry se fixe tout de même une limite: pas de violence contre les animaux, mais pas de violences non plus contre les hommes. Question d'équilibre.

"On se bat pour que ces animaux retrouvent la paix. On est du côté de la justice et de l’égalité. La violence elle est dans les vitrines. La limite personnelle que je me fixe est la violence envers les humains il n’y en aura jamais."
J.A. avec Bourdin direct