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"Les sommes augmentent et on ne se rend pas compte qu’on descend": en recul, le surendettement touche toujours 143.000 Français

Depuis 10 ans, le surendettement recule. Mais 143.000 personnes en France sont toujours touchées par le phénomène, souvent victime d'un manque d'information.

Le surendettement continue à reculer. Selon un rapport de la Banque de France publié jeudi, le nombre de dossiers a baissé de 12% en un an, la cinquième année de baisse consécutive. Depuis 2014 c'est un recul de 38% qui est constaté. Des progrès obtenus grâce à plusieurs lois depuis 1990, pour encadrer les crédits à la consommation, et aider les particuliers à rembourser ces dettes.

Mais le surendettement reste une réalité pour plus de 143.000 personnes. Une situation qui touche principalement les femmes, les parents célibataires et les chômeurs. C’est le cas de Patrice qui fait partie des Français en situation de surendettement. Il y a quelques années, ce retraité contracte un prêt pour faire des travaux chez lui. Et c'est là que le cauchemar commence pour lui. "On recommence avec un deuxième et un troisième. C’est de pire en pire", confie-t-il à RMC.

Le manque d'information pointé du doigt par les associations

Les prêts s'accumulent, et en août 2019, il devient interdit bancaire. Trop de crédits à rembourser: "Sur la fin j’en avais 14 à peu près. On pense qu’on a toujours de l’argent alors que ce n’est pas vrai. Les sommes augmentent et on ne se rend pas compte qu’on descend".

Accompagné par une association, il dépose finalement un dossier de surendettement à la Banque de France. Des conseils financiers et une aide psychologique devenus rapidement essentiels pour Patrice: "Si je ne les avais pas eus je ne sais pas de quoi aurait été fait l’avenir. J’ai un budget maintenant qui est prévu. C’est un soulagement énorme".

C'est Dimitri Lauf, conseiller budgétaire de l'association Crésus, qui accompagne Patrice depuis plusieurs mois. Comme dans la majorité des cas, c'est un manque d'information qui pose problème: "On va utiliser des mécanismes qui existent déjà. On va renégocier les contrats de prêt, on fait des actions sur les crédits existants, un par un. On est là pour leur montrer le chemin", assure-t-il. Il souhaite davantage de prévention pour éviter de nouveaux cas de surendettement.

Romain Cluzel (avec Guillaume Dussourt)