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Manifestation des retraités: "On n'a plus le même pouvoir d'achat"

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- - DAMIEN MEYER / AFP

TEMOIGNAGES - Ce jeudi, neuf organisations syndicales appellent à manifester contre la paupérisation grandissante des retraités. Dans les grandes villes, comme sur la Côte d'Azur, où vivent de nombreux retraités, les difficultés financières se font en effet de plus en plus ressentir, comme chez ce couple rencontré par RMC.

La France compte 15,6 millions de retraités, tous régimes confondus. Ils touchent en moyenne 1.306 euros bruts mensuels de pension de retraite. Et, selon l'Insee, le taux de pauvreté chez les retraités a augmenté, passant de 7,7% en 2012 à 7,9% en 2013 soit plus d'un million de personnes, alors qu'il a reculé pour le reste de la population. C'est pourquoi, ce jeudi, neuf organisations syndicales à manifester contre cette paupérisation grandissante et demander la revalorisation de leurs pensions.

Car, dans les grandes villes comme sur la Côte d'Azur, où vivent de nombreux retraités, les difficultés financières se font de plus en plus ressentir comme chez ce couple rencontré par RMC. Danièle, retraitée, habite avec son compagnon un petit appartement situé dans une ville-dortoir près de Cannes. Et les fins de mois sont de plus en plus difficiles... "Je gagne 1.219 euros nets par mois et mon compagnon 1.193 euros", déclare-t-elle.

Obligés de déménager "pour s'en sortir"

"Et en deux ans, j'ai été augmenté de seulement trois ou quatre euros. Ce n'est pas normal par rapport à tout ce qui augmente, à tout ce qui est hors de prix. On n'a plus le même pouvoir d'achat, assure-t-elle encore. Ici, sur la Côte d'Azur, la vie est très chère et ce n'est donc pas gérable pour des retraités qui touchent si peu". Le couple est donc obligé de déménager, car il n'arrive plus à s'en sortir comme l'explique Eric.

"Si on enlève 920 euros de loyer, les charges, la mutuelle et les impôts locaux, on a juste de quoi manger, indique-t-il. Quand je dis qu'on est limite, on est limite. De la viande, par exemple, on en mange une fois dans la semaine. On ne peut pas en acheter plus. On a donc pris la décision de partir dans les Pyrénées-Orientales, où la vie est moins chère, pour essayer de s'en sortir". Les deux retraités s'installeront donc à Perpignan le 21 octobre.

M.R avec Elodie Messager