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Marseille: les salariés d'un McDonald's occupent un établissement depuis 12 jours

Le tribunal de grande instance de Marseille doit se prononcer ce lundi sur la vente d’un fast-food: le restaurant franchisé pourrait être revendu à un repreneur.

En mai, le gérant, Jean-Pierre Brochiero, a annoncé la cession des six établissements qu’il possède à Marseille et dans les Bouches-du-Rhône. 

Cinq restaurants sont voués à rester sous la marque américaine et à être repris par un autre franchisé marseillais. Mais celui des quartiers nord, en raison de pertes financières structurelles (3,3 millions d’euros depuis 2009), estime la direction, n’aurait "plus aucune perspective sous l’enseigne McDonald’s".

Un salarié menace de s'immoler par le feu

Ce sont les représentants des 77 salariés du restaurant de Saint-Barthélémy qui ont demandé à la justice en référé d’annuler la vente. Ils ne croient pas au projet de reprise qu’ils qualifient de plan social déguisé, du coup ils occupent le restaurant depuis le 8 août dernier.

La veille, le 7 août, un représentant syndical de l'établissement a menacé de s'immoler par le feu, signe de la tension extrême qui règne sur place.

Rayanne fait partie des salariés qui occupent le site depuis 12 jours: "On reste là car on a peur que la direction vienne changer les serrures et nous mette à la porte. Donc on dort ici, on vit ici. Je ne lâcherai rien. La marche arrière, elle est cassée". 

"On demande à la justice d'annuler la vente"

Des salariés fermement opposés au projet de reprise du MacDo en fast-food asiatique, comme l’explique Tony Rodriguez, porte-parole de l’intersyndicale: "Le projet qu'on nous propose n'est pas viable. C'est notre expert qui nous le dit. On veut conserver nos emplois et on demande à la justice d'annuler la vente".

Un McDonald's qui tient aussi un rôle social dans le quartier, selon le collectif d’habitants dont fait partie Salim Grabsi: "Son rôle social est important. Il permet de trouver des stages aux jeunes quoi n'en trouvent pas ailleurs. D'avoir un premier emploi quand ils sont à deux doigts de tomber dans le trafic". 

De son côté, l’avocat du vendeur franchisé affirme que tous les salariés ont l’assurance d’être repris pendant au moins douze mois.

B.M avec Bourdin Direct