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"Modèle nuisible" ou "outil anti-inflation": le Black Friday est-il vraiment utile?

Ce vendredi de lendemain de Thanksgiving aux USA est synonyme de Black Friday. Des milliers de commerçants vont brader leurs prix en ligne ou en boutique. Un modèle économique qui fait débat, avec des enjeux financiers et environnementaux.

C'est la journée des prix choc ! Les commerçant bradent leurs prix en ligne et dans les magasins ce vendredi à l'occasion du Black Friday (vendredi noir en anglais, ndlr). Cette opération commerciale venue des Etats-Unis, lancée à l'occasion des braderies de lendemain de Thanksgiving, trouve chaque année un peu plus d'écho France, et risque une nouvelle fois de cartonner en cette période d'inflation.

Selon un sondage Harris Interactive, 70% des acheteurs en ligne comptent bien en profiter pour faire des achats, l'occasion notamment de faire des cadeaux de Noël à prix réduits. Les Français prévoient selon l'étude un budget moyen de 256 euros pour ce Black Friday 2022, +8% par rapport à 2021.

"C'est entré dans les habitudes"

Rodolphe Bonnasse, expert grande distribution et consommation et invité d'"Apolline Matin" ce vendredi sur RMC et RMC Story, estime que les réductions valent le coup.

"Oui, c'est un bon plan, c'est une période promotionnelle particulièrement active. C'est quasiment la deuxième période avec les prix les plus intéressants de l'année. On ne va pas jusqu'à la vente à perte, à la différence des soldes", précise-t-il.

Les commerçants s'y sont mis progressivement depuis une dizaine d'années, avec pas mal de réticences au début. "Mais comme pour Halloween, tout le monde s'y est mis", note Rodolphe Bonasse.

"C'est entré dans les habitudes", confirme notre éditorialiste économique Emmanuel Lechypre, qui alerte tout de même: "Attention aux arnaques. N'allez que sur des sites qui ont pignon sur rue. Profitez-en pour acheter bien", indique-t-il.

"Une aberration"

Mais d'autres voient le Black Friday d'un mauvais oeil. Dominique, auditeur RMC de Limoges, estime que "Black Friday rime avec cocu". "On se fait avoir. Un commerçant est fait pour gagner de l'argent, qui va croire que les commerçants vont perdre de l'argent aujourd'hui?", lance-t-il.

Plusieurs associations dénoncent de leur côté un rendez-vous qui pousse à la surconsommation. Vincent Drezet, porte-parole d'ATTAC, estime que c'est incohérent avec l'urgence climatique.

"L'aberration est assez globale car c'est le paroxysme de la société de surconsommation. Or, la surconsommation nécessite une surproduction de produits qui ne vont pas forcément servir longtemps. Ce modèle-là est nuisible", tacle-t-il.

J.A.