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"Nos actes sont justes": des activistes de la cause animale devant la justice pour des dégradations sur plusieurs exploitations

Neuf activistes animalistes sont jugés devant le tribunal correctionnel du Mans pour des dégradations, soupçonnés d'avoir dégradé des fermes d'élevage en 2020. Depuis, certains éleveurs restent traumatisés par ses dégradations.

Deux ans après, les stigmates de l'intrusion nocturne le soir du réveillon de 2020 sont encore visibles: sur le mur de l'exploitation, tagué du mot 'Abolition', et dans le quotidien d'Etienne Fourmont, éleveur de vaches laitières:

"Dès que j'entends mon chien aboyer la nuit, je me dis: 'Est-ce qu'ils sont revenus, est-ce qu'ils vont recommencer? Ouvrir la barrière des vaches? Saccager ou cacher quelque chose? C'est stressant pour moi et ma famille. Ce qu'ils font, ça n'a aucun impact sur les animaux mais ça va juste détruire des vis humaines".

Ce vendredi s'ouvre au tribunal correctionnel du Mans dans la Sarthe du procès de neuf activistes animalistes, dont certains récidivistes, soupçonnés d'avoir dégradé des fermes d'élevage en Bretagne, à Viré-en-Champagne dans la Sarthe, mais aussi des fermes dans le Maine-et-Loire et en Mayenne.

"On continuera à agir d'une manière ou d'une autre"

Au tribunal, Etienne Fourmont et d'autres agriculteurs également visés feront face notamment à Vincent Aubry, est fondateur du collectif AnimalFirst. Le jeune homme défend la cause animale jusqu'au bout des doigts et il entend assumer jusqu'au bout:

"Il n'y a pas d'excuses, les actes qu'on a faits par le passé et qu'on refera dans l'avenir, ils sont justes et éthiquement nécessaires. On continuera à agir d'une manière ou d'une autre", assure-t-il à RMC.

Déjà deux fois condamné, notamment pour des dégradations et vols d'animaux, l'activiste de 35 ans risque désormais la prison ferme. Les prévenus sont poursuivis pour "atteinte à l'honneur et à la considération, de dégradations et détériorations et association de malfaiteurs". Le collectif AnimalFirst a annoncé une action avant l'audience. Les agriculteurs se mobiliseront non loin du palais de justice en présence de Christiane Lambert, la présidente de la FNSEA.

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Jules Housseau (avec Guillaume Dussourt)