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Notre-Dame: pour la restauration des vitraux, ces souffleurs de verre souhaitent utiliser une technique ancestrale

Après l'incendie de la cathédrale certains veulent reconstruire à l'identique quand d'autres prônent la modernité. Pourtant certaines entreprises sont encore capables de travailler comme à l'époque.

Reconstruire à l’identique ou ajouté une touche de modernité. C’est le débat de moment depuis l’incendie qui a ravagé une partie de Notre-Dame de Paris. Plusieurs personnes ont avancé que reconstruire à l’identique serait difficile notamment à cause de techniques qui ont disparu. 

Pourtant, certaines entreprises continuent à travailler comme dans le temps. C’est le cas dans une verrerie de Saint-Just dans la Loire. Tourner le verre, le souffler, le découper pour en faire des vitraux, ici la méthode n'a pas changé, le temps s'est arrêté. "C’est plusieurs fois centenaires. Ça date entre le 1100 et le XIIIe siècle, pile au moment de la construction de la cathédrale". 

Devant des fours à 1240°C, le travail d'Hervé est précis, délicat, presque magique pour l'un des 6 souffleurs de verre cette entreprise.

"Nous sommes la seule société en France et il en reste trois dans le monde. C’est un métier de passionné. C’est physique, mais il faut le faire. C’est toujours plaisant de voir nos œuvres sur des monuments extraordinaires", précise-t-il. 

Prêt à participer à la rénovation

Alors mettre ce savoir-faire au service de la reconstruction de Notre-Dame de Paris, ce serait une fierté pour Gérald, lui aussi souffleur. "Pour nous, c’est quand même un honneur si on peut participer à la rénovation des vitraux s’ils sont touchés. Moi c’est ce que j’aime dans ce métier, c’est de faire un métier manuel et de restaurer des bâtiments et des monuments historiques".

Pour se mettre au travail, ces ouvriers n'attendent qu'un seul coup de téléphone. Simon Ballagh, le directeur de la verrerie, se tient prêt.

"On a fourni les verres pour les fenêtres du château de Versailles après la tempête de 1999. On a produit les verres du plus grand vitrail du monde, la basilique de Yamoussoukro, en Côte-d'Ivoire. C’est une cause qui mobilise et le fait qu’à notre échelle et très humblement, on puisse participer à ça est une fierté que l’on pourra partager entre nous", explique-t-il. 

Et ce savoir-faire va perdurer: deux apprentis sont actuellement en formation pour apprendre à souffler le verre comme au moyen-âge.

Gwenaël Windrestin avec Guillaume Descours