RMC

Olivier Falorni: "Seule la vidéo-surveillance peut démontrer les actes de maltraitance dans les abattoirs"

Olivier Falorni, député de Charente-Maritime et président de la commission d'enquête sur les conditions d'abattage a réclamé jeudi sur RMC la mise en place obligatoire de la vidéosurveillance dans les abattoirs, après la publication de nouvelles images par l'association L214 de mauvais traitement dans des abattoirs du sud.

Les images de la vidéo publiée mercredi par l'association L214 sont insoutenables. Captées à l'abattoir de Puget-Théniers et à Pézenas, les images montrent des étourdissements et des électrocutions ratés, des salariés qui s'y prennent à plusieurs reprises pour abattre des animaux en détresse. Il s'agit de la quatrième vidéo en huit mois publiée par l'association de défense des animaux. Face à ces nouvelles images, le député de Charente-Maritime Olivier Falorni veut "garder sa capacité d'indignation".

"Rien n'est pire que le fatalisme en ce qui concerne ce sujet. L'habitude peut entraîner une forme d'acceptation de la maltraitance animale. Je suis horrifié par ces images, comme je l'ai été par les trois premières vidéos qui ont été à l'origine de ma demande de création de la commission d'enquête", explique le député.

A la tête de cette commission d'enquête sur les conditions d'abattage des animaux, il a auditionné mercredi les associations de protection animale. Après ces scandales à répétition, Olivier Falorni réclame que soit mise en place une vidéosurveillance dans les abattoirs.

"Dans les abattoirs il y a partout un responsable de la protection animale, un inspecteur vétérinaire au moins et on voit bien que c'est insuffisant (...). Sauf que l'inspecteur vétérinaire est plus souvent préoccupé par la question sanitaire, souvent en bout de chaîne, vérifie les carcasses, le côté hygiène et s'occupe assez peu du bien-être animal", constate l'élu.

La vidéo en complément de la surveillance humaine

Olivier Falorni a dans le cadre de sa commission visité des abattoirs et observe "qu'un salarié qui se comporte mal ne le fera pas devant un inspecteur vétérinaire, devant un parlementaire". Il souhaite donc que la vidéosurveillance puisse venir en complément de la surveillance humaine. L'abattoir de Pézenas avait d'ailleurs été visité le 17 mai par le député Elie Aboud, également membre de la commission d'enquête qui n'avait constaté aucun dysfonctionnements. 

Le ministre de l'agriculture Stéphane Le Foll s'oppose à cette généralisation des caméras de surveillance dans les abattoirs qui reviendrait à surveiller en permanence les salariés. Mais pour Olivier Falorni, il s'agit d'un mal pour un bien. 

"Nous avons interrogé à de nombreuses reprises des salariés, des chefs d'entreprise dans ce domaine et nous leur avons posé la question et beaucoup nous disent: si ça doit permettre de restaurer notre image, pourquoi pas", plaide le député.

Fermer des abattoirs "si nécessaire"

Il justifie également sa démarche et s'oppose aux accusations de Xavier Beulin, le président de la FNSEA pour qui ces vidéos cherchent à "jeter l'opprobe" sur la consommation de viande. "C'est peut-être le but de L214, moi mon but c'est de faire en sorte que maltraitance ne veuille pas forcément dire travail en abattoir". Pour cela, il préconise notamment de mieux former les salariés.

"Ce sont des techniques qui s'apprennent. Personne ne veut travailler dans les abattoirs, on embauche à tout va, il y a souvent des intérimaires et on assiste à ce type de comportements".

Enfin, il recommande "si nécessaire" la fermeture de certains abattoirs. "J'ai vu en allant dans les abattoirs des situations de maltraitance animale non pas de la volonté des salariés mais parce que les équipements sont tellement archaïques que la maltraitance involontaire est inévitable", poursuit le député. Le rapport de sa commission d'enquête est attendu pour mi-septembre. 

Carole Blanchard