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"On a assimilé l'avenue aux gilets jaunes et à la casse": la détresse des commerçants des Champs-Elysées, désertés par les clients

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Nouvelle journée d'action des "gilets jaunes" ce samedi. Même si la mobilisation s'essouffle depuis plusieurs semaines, ils seront une nouvelle fois dans la rue pour l'acte 29.

Samedi dernier seulement 12.500 personnes s'étaient rassemblées dans toute la France, dont 2.100 à Paris selon le ministère de l'Intérieur. La plus faible participation depuis le début du mouvement des "gilets jaunes", le 17 novembre dernier.

Après 29 semaines de mobilisations, le calme est revenu sur la plus belle avenue du monde. Les Champs-Elysées ont souffert des assauts des "gilets jaunes" depuis novembre dernier.

"On se demande pourquoi on vient"

Les petits commerces, les banques, les grandes enseignes ne mettent plus de protections. Mais les visiteurs boudent toujours le secteur. Les stations de métro des Champs restent fermées, il y a donc moins de fréquentation le week-end et donc moins de ventes.

Les commerçants ne voient donc plus le bout du tunnel. Chaque samedi, Otilia se pose la même question derrière son comptoir, quand sa bijouterie, sur les Champs Elysée, est désertée par les clients: "On se demande pourquoi on vient. On vient pour faire acte de présence, on vient pour avoir la boutique ouverte mais on ne voit pas un chat. On a le sentiment que c’est le désert".

"On ne pense pas aux petits commerçants"

Les stations de métro de tout le secteur sont encore fermées. Les forces de l'ordre continuent de veiller. De quoi repousser les promeneurs du samedi

"Les Champs-Elysées, on les a assimilés aux gilets jaunes et à la casse. On ne pense pas aux petits commerçants qu’il y a derrière et qui eux sont ouverts et qui tirent la langue pour s’en sortir. Non, ça on n’y pense pas".

"On n’a plus le flux qu’on avait avant"

Car depuis le début du mouvement des "gilets jaunes", les pertes de chiffre d'affaire sont énormes, nous dit Nadine, responsable de la boutique Scott sur les Champs-Elysées.

"Moins 50% tous les samedis et encore, c’est peut-être plus. Il faut qu’il y ait des clients, il faut qu’ils achètent, il faut qu’ils soient là. On n’a plus le flux qu’on avait avant".

Alors es commerçants demandent une chose: des solutions simples et rapides, comme la réouverture du métro le samedi.

Alfred Aurenche (avec Caroline Petit)