RMC

"On a eu les sans-dents, on a les sans-terrasses maintenant": en zone orange, les restaurateurs sans espaces extérieurs condamnés à rester fermés

RMC
Les restaurateurs et cafétiers ne disposant pas de terrasses des zones oranges sont condamnés à rester fermés, au moins jusqu'au 22 juin.

Petit à petit, la vie reprend son cours normal. Jeudi, le Premier ministre a dévoilé la phase 2 du déconfinement, annonçant la réouverture sous conditions des cafés et restaurants, qui avaient fermé leur rideau le 14 mars à minuit. Dans les zones vertes à partir du 2 juin, les restaurant devront laisser un mètre de distance entre chaque table, qui pourront chacune accueillir jusqu'à dix personnes. Une manière de permettre aux professionnels de limiter la casse après presque trois mois sans recette.

Dans les zones oranges, en Île-de-France, à Mayotte et en Guyane, la réouverture ne concernera que les terrasses. Plus de café ni de demi au comptoir, les salles en intérieur restant fermées jusqu'à nouvel ordre. Restaurateurs et cafetiers possédant une terrasse devront donc se contenter uniquement de l'extérieur. Et pour les heureux élus, ils pourront négocier avec leur mairie pour demander un agrandissement de leur espace extérieur.

Mais si l'on compte 4000 terrasses fermées et 10.500 ouvertes en Île-de-France, 40% des restaurateurs n'ont pas d'espace extérieur et devront donc rester fermés: "On a eu les sans-dents et on a les sans-terrasses maintenant", déplore ce vendredi sur RMC Marcel Bénezet, président de la branche des cafés bars brasseries du Groupement national des indépendants de l'hôtellerie et de la restauration (GNI-HCR).

"J’ai des gens qui sont à bout"

"Il y a des très grands restaurants qui n’ont pas du tout de terrasse et qui sont condamnés à rester fermer en payant des loyers (...) C'est le coup de massue. J’ai des gens qui sont à bout, qui n’en peuvent plus. Ils sont dans un état terrible, ils sont catastrophés", alerte-t-il.

Et Marcel Benezet déplore une ouverture décalée en Île-de-France: "On a fermé ensemble, j'aurai voulu que l'on ré-ouvre ensemble", assure-t-il. Il se déclare cependant ravi pour la province où les cafés et restaurants pourront continuer à bénéficier du chômage partiel pour permettre un roulement de leurs employés, dans des établissements aux places limités par les contraintes sanitaires.

Ces mesures sont en place au moins jusqu'au 22 juin, date à laquelle le Premier ministre Edouard Philippe doit prendre à nouveau la parole et évoquer la phase 3 du déconfinement.

Guillaume Dussourt