RMC

"On parle d'un ou deux centimes de plus": et si la hausse des prix au supermarché cachait une bonne nouvelle pour l'économie?

La crise des matières premières et les catastrophes climatiques se répercutent sur les prix dans les supermarchés. Les étiquettes vont donc augmenter dans les rayons. Le président de l'Association nationale des industries alimentaires était sur RMC.

Prix du gaz, des pâtes, de l'essence... depuis plusieurs mois le coût de la vie augmente. Mercredi, les chiffres de l'inflation sont venus confirmer cette tendance. En un an, les prix ont augmenté de 1,9%.

Alors évidemment, cette hausse des prix inquiète les Français et le gouvernement qui redoute que la baisse du pouvoir d'achat pèse dans l'opinion publique à sept mois de l'élection présidentielle.

>> A LIRE AUSSI - Comment limiter sa facture de carburants alors que les prix sont à la hausse?

Mais pour Jean-Philippe André, président de l’ANIA, l’Association nationale des industries alimentaires, il faut accepter cette hausse des prix. 

“Il faut accepter, ce que moi, je rappelle depuis quelques jours, une réalité économique parce qu’on vit un moment un peu spécial. D’abord, il y a une reprise économique et je crois qu’on ne peut que s’en féliciter. Et puis il y a un phénomène mondial de tension parce que tout le monde veut au même moment la même chose. 
Tout le monde veut du blé, tout le monde veut de l’huile, tout le monde veut du soja… Tout le monde a besoin d'emballer ses produits, donc on a besoin de cartons, de plastique et enfin tout le monde veut le transporter en même temps”, explique-t-il ce vendredi sur RMC.

26% d'augmentation pour le blé, 14% pour le sucre. Le prix des matières premières a explosé, alors forcément, à la caisse, ça se ressent. Michel Biéro est le directeur des achats pour les magasins Lidl.

"Tous les produits à base de fruits, ou le café vont connaître une légère augmentation tarifaire. Pour un paquet de pâtes de 500 grammes par exemple, ça représente 6 à 7 centimes de hausse pour le consommateur”, indique-t-il.

Mais les consommateurs ne sont pas forcément prêts à payer plus cher leurs produits de tous les jours. "Si ça augmente, même si ce ne sont que des centimes, et bien des centimes plus de centimes, plus des centimes, on ne va pas s’en sortir”, indique une cliente.

Une augmentation contrôlée?

Mais selon Jean-Philippe André, cette augmentation des prix était prévisible et surtout, il l’estime contrôlée.

“C’est parce que ça redémarre que les prix augmentent. Et donc cette hausse prévisible des produits est raisonnée. Elle ne sort pas du chapeau, on peut l’expliquer à tout le monde, aux consommateurs, aux médias, à nos clients. 
Et de toute manière, elle sera également raisonnable parce que par exemple pour une baguette de pain qu’on paye 80 centimes en moyenne, on parle d’un ou deux centimes de plus. Pareil sur le camembert, ou sur un pot de confiture qui vaut 1,50 ou 1,70 euros, quelques centimes de plus”, explique-t-il.

Selon lui, cette inflation était inéluctable. “Il y a un particularisme qui est propre à l’industrie agro-alimentaire, depuis 7 ou 8 ans, il y a eu un système de déflation. On ne rattrapera jamais ces sept années de déflation, mais la conjonction des deux phénomènes fait qu’on ne pouvait pas avoir une reprise économique et une nouvelle déflation, ça c’est tout à fait inacceptable”, appuie-t-il.

Et les professionnels du secteur avertissent d'ores et déjà, cette augmentation des prix va se poursuivre en 2022.

Gwenaël Windrestin et Guillaume Descours