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Panier anti-inflation: "Le gouvernement réinvente le ticket de rationnement"

Face à l'inflation galopante et pour aider les plus modestes, le gouvernement pourrait bloquer les prix de certaines denrées de la grande consommation, pour qu'ils soient vendus à prix pesque coûtant.

Le gouvernement cherche une solution pour le pouvoir d'achat des Français. En période d'inflation, l'exécutif assure travailler avec la grande distribution à un "panier anti-inflation" composé d'une vingtaine de produits de grande consommation.

"L'une des possibilités, c'est d'avoir un panier de produits de première nécessité d'une vingtaine de produits, que la grande distribution s'engagerait à vendre presque à prix coûtant", indique à l'AFP une source au ministère du Commerce, en charge de l'opération. Encore aux prémices des discussions, le gouvernement a indiqué que la mise en place du panier pourrait passer par des engagements volontaires des distributeurs.

"C'est juste une opération de communication"

"Comme d'habitude en France, on gère la misère qu'on crée", tacle ce lundi sur le plateau des "Grandes Gueules" Charles Consigny. "Ce gouvernement ne sait pas faire en sorte que les salaires augmentent et que les gens vivent correctement de leur travail donc il invente ce ticket de rationnement qui ne dit pas son nom", ajoute l'avocat.

"Il y a déjà des produits bon marché dans les supermarchés, je ne vois pas ce qu'ils vont faire. Je pense que c'est juste une opération de communication", estime Charles Consigny sur RMC et RMC Story.

"C'est un leurre qui prouve, encore une fois, qu'ils ne s'occupent pas de la vraie problématique: les Français ne peuvent plus remplir leurs caddies, ils n'ont plus les moyens de se nourrir correctement", peste de son côté Kaouther Ben Mohamed, présidente de l'association Marseille en colère. "A Marseille, c'est 7,90 euros le kilo de pomme, il y a quelques mois c'était le prix d'un kilo de viande! C'est devenu un produit de luxe", déplore-t-elle. "Donnez-nous les moyens de vivre de nos salaires, le reste on en a marre", appelle Kaouther Ben Mohamed.

"Que ces membres du gouvernement essaient de vivre avec 1.300 euros par mois"

"La charité, on n'en veut pas, il faut augmenter les bas salaires", abonde Pascal (57 ans), en invalidité et qui travaillait auparavant au Smic. "Que ces membres du gouvernement essaient de vivre pendant deux, trois mois avec 1.300 euros par mois. Ils sont censés représenter tous les Français et connaître nos difficultés. On travaille, la décence c'est de vivre de son travail pour se nourrir", ajoute-t-il, assurant, depuis son invalidité, avoir vécu d'abord avec 1.160 euros par mois puis 1.020 euros, et désormais 960 euros mensuels seulement.

"Cela pourrait être une bonne idée, si ce n'était pas limité à 20 produits. C'est limite insultant", déplore Sybille qui saute un repas sur deux. "Je suis écoeurée par les pâtes, j'en arrive à ne plus aimer manger", explique-t-elle sur le plateau d'"Estelle Midi".

S'il voit le jour, le dispositif devrait s'appliquer à une vingtaine de références sur 20.000 à 30.000 en magasin, ce qui ne devrait pas pénaliser excessivement les marges des distributeurs, souligne le ministère.

G.D.