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Paris, Lyon, Rouen... La guerre au "quick-commerce" est déclarée

Les nouvelles plateformes de livraison de courses ultra-rapides gagnent du terrain dans les métropoles, qui se mobilisent pour ne pas tuer les commerces.

Les courses livrées en moins de 15 minutes bientôt limitées? Devant le développement exponentiel du "quick commerce", certaines grandes villes tentent de limiter leur expansion pour protéger leur centre-ville. Paris, Lyon mais aussi Rouen ont décidé de déclarer la guerre aux "dark stores" qui prolifèrent depuis 2020 dans les grandes villes de France. 

Les "dark stores", ce sont ces anciens locaux commerciaux reconvertis en mini-entrepôts de centre-ville, qui servent de bases de départ pour les centaines de livreurs des plateformes de "quick-commerce" comme l'Allemand Gorillas, le Français Cajoo ou le Turc Getir, qui vous promettent la livraison en 15 minutes de produits dont vous avez rapidement besoin.

Succès fulgurant, amplifié par les confinements successifs: +45% de ventes en 2020. Deux Français sur trois concernés vivent dans des agglos de plus de 20.000 habitants.

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Des moyens de résister pour les villes 

Que leur reprochent ces villes? Ces villes ne veulent pas, dixit une élue lyonnaise, "d'une ville-entrepôt, sans petits commerces, sans vitrines où chacun reste chez soi, sans convivialité". A Lyon, la municipalité refusera les implantations de ces entrepôts en s'appuyant sur le Plan local d'urbanisme qui interdit dans certaines zones l'implantation de sites logistiques.

A Rouen, la mairie a récemment fait savoir qu'elle préempterait les commerces susceptibles de devenir des "dark kitchens", l'équivalent des "dark stores" pour la livraison de repas. 

La ville de Paris souhaite que ces entrepôts ne donnent pas sur la rue et soient prioritairement en sous-sol ou sur cour. Les villes veulent pouvoir disposer de plus de moyens juridiques pour s’opposer à ces "dark stores", ou conditionner leur installation à un certain nombre de critères. Mais le temps de la loi n’est pas le temps de l’innovation...

Emmanuel Lechypre (édité par J.A.)