RMC

Pas de vidéosurveillance dans les abattoirs: sur RMC, Falorni dénonce l'abandon d'une promesse de Macron

Invité de Bourdin direct, le ministre de l'Agriculture Stéphane Travert a confirmé qu'il refusait que les abattoirs soient obligés d'installer des caméras de surveillance. Le député Olivier Falorni rappelle que c'était pourtant une promesse de campagne d'Emmanuel Macron.

Le ministre de l'Agriculture a récemment abandonné l'idée d'instaurer l'obligation pour les abattoirs d'installer des caméras de vidéosurveillance pour éviter les dérapages concernant la souffrance animale. Stéphane Travert s'en est justifié ce jeudi matin dans Bourdin direct.

Il estime que "ce n'est pas le meilleur moyen aujourd'hui pour vérifier que le geste qui a été fait pour tuer un animal est le bon" et que cela reviendrait à "mettre des vétérinaires en permanence derrière des écrans". Il souhaite simplement "mieux contrôler", "mieux accompagner" et "sanctionner plus durement" en cas d'abus. 

"Son argument ne tient pas la route!"

Des arguments qui n'ont absolument pas convaincus le député de la Charente, Olivier Falorni. Sur RMC il a tenu à corriger le ministre, notamment concernant le fait que cela reviendrait à "mettre des vétérinaires derrière des écrans". 

"Soit c'est de la mauvaise foi, soit c'est de la méconnaissance du dossier. Il ne s'agit pas de créer des grandes centrales de visionnage. On n'est pas dans de la vidéosurveillance de sécurité publique. On est dans un système qui permet à tout moment de regarder les images. Elles sont enregistrées donc ce sont des éléments utilisables a posteriori. C'est un outil de prévention. C'est le seul argument que j'ai entendu et il ne tient pas la route."

Olivier Falorni vient même rappeler que ce dispositif était une promesse de campagne d'Emmanuel Macron et estime que c'était "comme si le gouvernement voulait lutter contre les chauffards sans installer de radars" sur les routes.

"C'est une régression et un reniement d'une promesse de campagne de Macron"

"Ce refus de Stéphane Travert est une régression et un reniement. Une régression car les députés se sont déjà portés sur cette question en première lecture en janvier 2017. Et un reniement de la parole présidentielle puisqu’Emmanuel Macron s’est engagé auprès de toutes les associations de protection animale durant sa campagne en disant : 'La vidéosurveillance dans les abattoirs sera mise en place selon les propositions de la loi Fallorni'. Emmanuel Macron ne fait pas ce qu’il a dit, car Stéphane Travert contredit un engagement de campagne, et ne répond jamais sur cet aspect-là que je ne cesse de souligner"

Balayant tout souci d'atteinte aux libertés individuelles en expliquant que le dispositif discuté a été validé par la Commission nationale informatique et libertés, et en rappelant que seule l'inspection vétérinaire aurait accès aux images, Olivier Falorni regrette que l'on reste dans le statu quo.

"Je préfère que ce soit l’Etat qui contrôle à travers des images plutôt que ce soit des associations qui soient obligées de tourner clandestinement des images dans ces lieux qui sont totalement opaques."
J.A. avec Bourdin direct