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Pâtissier français arrêté en Chine: "On lui a demandé de faire des choses pas possibles"

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- - De la farine - Illustration Flickr

Laurent Fortin 48 ans, est emprisonné en Chine depuis 5 mois, placé derrière les barreaux après la découverte de farine périmée dans l'usine où il travaillait. Son frère David, témoigne pour RMC.fr.

David Fortin est le frère de Laurent Fortin, pâtissier français emprisonné en Chine depuis le 23 mars dernier. David Fortin a lancé une pétition réclamant la libération de son frère, le 14 août dernier.

"Laurent a été recruté via LinkedIn pour travailler chez Farine Bakery, une entreprise implantée à Shangai, en Chine et dirigée par un Français. On lui a proposé un beau salaire et un logement de fonction, et c'était surtout une belle expérience professionnelle.

Très vite cependant, Laurent m'a relaté les conditions de travail au sein de l'entreprise. On lui demandait de faire des choses pas possibles. Les autres employés étaient inexpérimentés et les règles d'hygiène n'étaient pas respectées. Laurent a bien prévenu sa direction sur les conditions de travail, mais celle-ci lui a dit de continuer à travailler sans poser de questions.

10 minutes d'entretien avec un avocat en cinq mois

Le 20 mars, les autorités sanitaires chinoises ont effectué un contrôle d'hygiène. Un stock de farine périmé a alors été découvert. Le 21, le créateur et dirigeant du groupe Farine Bakery, un français, a été auditionné une première fois. Prétextant un rendez-vous professionnel à Londres, il a quitté la Chine le 22. Le 23 mars les autorités sont revenues à l’usine et ont embarqué les employés sur place, dont mon frère, les tenant pour responsable des mauvaises conditions d'hygiène dans l’usine.

Le même jour, toutes les autres enseignes de Farine Bakery en Chine ont été fermées.

Au début, Farine Bakery nous a assuré avoir engagé des avocats et débloqué des fonds pour la défense de Laurent et des autres employés. On a appris par la suite que ces avocats étaient seulement destinés à assurer la sauvegarde de l'entreprise. En cinq mois de détention, mon frère a eu seulement deux entretiens de cinq minutes avec un avocat.

"On nous a parlé d’une éventuelle libération sous caution"

Laurent est sous le coup de l’enquête qui dure depuis sa mise en détention. On ne sait pas quand elle s'achèvera. Le problème aujourd’hui, c’est que la Chine, pour avancer dans l’enquête et aller au procès, demande la présence du directeur de Farine Bakery. Or celui-ci ne veut pas revenir en Chine.

J’ai obtenu une seule lettre le 17 juillet qui m'a été passée par le consulat, dans laquelle Laurent dénonce les conditions de travail dans son entreprise.

On nous a parlé d’une éventuelle libération sous caution dans une semaine. C'est déjà un grand pas mais Laurent sera obligé de rester en Chine".

Propos recueillis par G.D.