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Pendant le confinement, les prix des fruits et légumes explosent dans les supermarchés

Une augmentation des prix qui s'explique notamment par le fait que des enseignes privilégient désormais la production française, plus chère.

Après la longue file d’attente qui vous a permis ensuite d’entrer dans un centre commercial pour faire les courses, vous l’avez peut-être déjà constaté: la variation des prix dans certains rayons. S’il n’y a pas eu d’évolution sur le prix des pâtes, de la farine, du riz ce sur quoi de nombreux clients se sont jetés, au rayon fruits et légumes, il semble y avoir une variation à la hausse.

Au moment de mettre les courses du jour, dans le coffre de la voiture, ces clientes d’un supermarché du Val de Marne, ont bien constaté quelques écarts de prix. “Les barquettes de fraises normalement à cette période-là, on peut les acheter à deux euros. Là, elles sont à 3,99 euros”, indique une femme venue faire ses courses. “La salade iceberg normalement, je l’achète à 99 centimes aujourd’hui, c’était 1,69 euros. Les oranges avec le filet, c’était 3 euros et quelques… J’ai laissé, je n’ai pas acheté”, confie une autre. 

Des clientes qui parfois ne se sont pas gênées pour le dire au personnel. “Je disais à la caissière: les tomates 6 euros... C’est pas possible qu’ils profitent du malheur des gens”, regrette cette acheteuse. 

Alors la grande distribution l’explique cette variation de prix. D’abord, l’acheminement des fruits et légumes s’est complexifié en cette période, le transport est un peu plus cher, et surtout selon Jacques Creyssel, président de la Fédération du commerce et de la distribution, les produits aujourd’hui en rayon ne sont plus ceux d’avant confinement.

“Nous avons pris des engagements pour venir en aide aux agriculteurs français qui est de mettre en avant systématiquement les produits français sur les tomates, les fraises, les asperges… Ces produits français sont de meilleure qualité, mais ils ont des coups de revient plus élevé que dans d’autres pays. En plus il n’y en a pas beaucoup de ces produits donc l’offre et la demande font que ça augmente un petit peu. Mais globalement, c’est une contribution à la sauvegarde de l’agriculture française”, appuie-t-il. 

Un retour au local bénéfique aux agriculteurs français

Et du côté de la filière fruit et légume, dont Laurent Grandin est le représentant, on se félicite que cette période provoque un peu de positif et notamment de la bonne relation actuelle entre producteurs et distributeurs. 

“La relation en ce moment, elle est extrêmement positive entre les partis. Le bout du tunnel et le jour d’après n’est pas encore là, mais bien évidemment, il y aura des réflexes qui se seront pris. Il y aura un phénomène d’accélération sur la tendance de la relocalisation”, indique-t-il.

Il souhaite que le pays, et que les consommateurs, comprennent l’effort qu’il faut faire, pour garantir une certaine souveraineté alimentaire.

Thomas Chupin avec Guillaume Descours