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Pénurie de main d'œuvre dans le tourisme: "Il manque un tiers des employés", assure le PDG du groupe Accor Sébastien Bazin

DOCUMENT RMC - Le PDG du groupe Accor Sébastien Bazin et d'autres acteurs du tourisme doivent rencontrer ce vendredi le ministre de l'Economie avec les professionnels des secteurs toujours impactés par la crise. Sébastien Bazin a quelques pistes pour redynamiser l'attractivité du secteur.

Pas question de perdre sa première place. Jeudi à l'occasion du sommet "Destination France", le président de la République Emmanuel Macron a martelé que la France devait rester la première destination touristique mondiale. Pour y parvenir, les acteurs du tourisme, notamment ceux de l'hôtellerie et la restauration ont rendez-vous à Bercy avec le ministre de l'Économie Bruno Le Maire ce vendredi.

Les touristes ont amorcé leur retour mais ne sont pas suffisamment là: "On est un bon tiers en-dessous par rapport aux chiffres d'avant crise", assure ce vendredi matin sur RMC Sébastien Bazin, président du groupe Accor, premier groupe hôtelier de France et d'Europe. "Il faut que les Américains reviennent plus et on a aussi besoin des Chinois, mais ce ne sera peut-être pas avant 2023", ajoute-t-il jugeant que les touristes présents "sont heureux" et dépensent "beaucoup".

Mais sur le terrain un problème demeure. La situation reste compliquée malgré la réouverture des frontières et la reprise de l'activité. La raison? la pénurie de main d'œuvre qui empêche un retour à la normale et un service de qualité: "Il manque un tiers des employés, c'est beaucoup, entre 200.000 et 300.000 dont 20.000 chez Accor", déplore Sébastien Bazin.

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Comment de nouveau rendre le secteur attractif pour la main d'œuvre?

Selon lui, ces employés ne sont pas revenus après avoir "réfléchit" pendant les confinements, ont changé de ville, de métier ou n'acceptent plus les contraintes horaires: "Je comprends tout ça. Le problème c'est que la demande va revenir. Il faut pouvoir satisfaire la demande alors que les clients de demain vont être plus exigeants",

"Les employés sont chez eux, ils bénéficient du chômage partiel, ils ont le temps de prendre une décision et certains sont devenus auto-entrepreneurs. Ils n'ont pas vraiment changé de filière, mais je doute qu'ils reviennent", estime-t-il.

Pour les faire revenir, la question des salaires se pose: "Je pense que c'est une bonne piste de réflexion. Cependant ce n'est pas suffisant et je n'en suis pas capable. Nous avons reçu de l'argent du gouvernement que nous devons désormais".

Pour lui, il faut "lisser les contraintes horaires" alors que les écoles et les centres de formation sont pleins. "Il faut aussi avoir des formations inter-filières. Il faut plus de quête de sens, il faut mettre les employés devant les clients et pas derrière un ordinateur plaide-t-il.

Ce vendredi devant le ministre de l'Economie, Sébastien Bazin assure qu'il va discuter des charges patronales, pour pouvoir éventuellement les réduire selon le nombre de personnes embauchées. Il compte également évoquer la question de l'apprentissage et peut-être "l'accueil de migrants et de gens peu formés" aux métiers de l'hôtellerie et de la restauration.

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Guillaume Dussourt