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Pénurie de main d'oeuvre: les robots-serveurs à la rescousse?

C'EST DEJA DEMAIN - Serveurs, cuisiniers... A 24 heures de la réouverture, la menace à laquelle font face beaucoup de restaurants, c’est la pénurie de main d’œuvre. Dans certains pays, on a trouvé la solution, et elle est robotique.

Beaucoup de serveurs, de cuisiniers, de réceptionnistes ont changé de vie. 150.000 salariés de l’hôtellerie restauration selon l’Umih. Un problème, un robot ? Est-ce qu’on va les voir arriver en France ? En tout cas dans un certain nombre de pays, confrontés au même problème de pénurie de main d’œuvre, certains restaurants commencent à faire appel à des serveurs robotiques.

Ils prennent des formes diverses et variées. Le petit humanoïde qui vous accueille à l’entrée du restaurant et qui vous accompagne à votre table. Des robots cylindriques, montés sur roues, équipés de plusieurs plateaux, et capables de se déplacer de la cuisine jusqu’aux tables. On passe sa commande et le robot vous l’apporte. Il est équipé de capteurs pour éviter les obstacles et sait à quelle table il doit s’arrêter.

En Espagne, à Séville, c’est le robot chien Spot, qui sert des bières fraîches aux clients. Equipé d’un plateau sur son dos pour disposer les boissons. Avantages de la machine: il peut porter beaucoup plus de plats. Et il ne prend pas de pourboires et ne prend pas de salaire. Il y a l’aspect pénurie de main d’œuvre, mais aussi les gestes barrières, on limite les contacts entre serveurs et clients.

Juste un coup de pub que s’offrent ces restaurants ou il y a une tendance plus vaste derrière ?

Au-delà de l’effet « wahou », les robots attirent toujours l’œil du client, il est clair que cette crise va accélérer la « robolution », et notamment dans les métiers de service. On va voir des robots là où on avait pas l’habitude d’en voir. Robots serveurs, robot barman, dans les hôtels aussi.

Certains restaurants s’équipent aussi de cuisines robotisées, dont le déploiement s’accélère vu le contexte sanitaire et l’obsession du sans contact. Capables de préparer une salade ou un hamburger…

Pas pour remplacer les chefs, la cuisine reste quelque chose d’éminemment humain, et heureusement, mais on peut imaginer des robots commis, pour gérer les tâches les plus ingrates. On est dans ce qu’on appelle la cobotique.

Et puis attendons de voir si ça fonctionne vraiment. Ne sous-estimons pas la valeur ajoutée de l’être humain lorsqu’il s’agit de préparer ou de servir une blanquette de veau. En Chine, un certain nombre de restaurants ont commencé à faire appel à des robots serveurs capables de suivre un parcours tracé et de porter des plateaux. Payés 6.000 euros pièce, sauf qu’ils se sont révélés particulièrement incompétents, incapables d’apporter une soupe sans la renverser. Ils été licenciés aussi sec.

Pratique pour éviter les contacts, peut-être, mais avec vos robots, à terme on risque de créer encore plus de chômage?

Là en l’occurrence, on voit que l’enjeu c’est plutôt d’occuper des métiers qui ne trouvent plus ou pas assez de personnes motivées, posons-nous les bonnes questions.

Ca fait des décennies que dans les usines on automatise tous les processus pour fabriquer une voiture ou dans l’agroalimentaire par exemple, ça ne choque personne, tout le monde trouve ça très bien parce que ça permet d’avoir les produits rapidement et de faire baisser les prix.

Pourquoi est-ce que là ça vous choquerait ? Simplement parce qu’ils sont devant vos yeux. Deux éléments pour nuancer un peu : les pays les plus robotisés sont ceux où il y a le moins de chômage (Corée, Japon, Allemagne).

Anthony Morel (avec J.A)