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Pétrole: le groupe BP pleure ses pertes en Russie, mais fait quand même des bénéfices record

Une stations-service BP (image d'illustration)

Une stations-service BP (image d'illustration) - Ronaldo Schemidt - AFP

Le groupe BP a été un des premiers à quitter la Russie et a beaucoup communiqué sur les pertes liées à cela: 24 milliards d'euros. Et en même temps, réalise au total 6 milliards d'euros de bénéfices rééls, et va même accélérer son programme de rachat d’actions...

6 milliards d’euros. Ce sont les bénéfices du groupe pétrolier britannique BP, au premier trimestre. 53% de hausse en l’espace d’un an. Ce sont les meilleurs résultats trimestriels de BP depuis 10 ans. Et c’est la conséquence, évidemment, de la flambée des prix du pétrole et du gaz.

On le rappelle : ce ne sont pas les groupes pétroliers qui fixent les cours. En revanche, les marges de raffinage, c’est-à-dire l’activité qui consiste à transformer le pétrole brut en carburant, augmentent avec les prix du pétrole. Chez BP, elles sont passées d’environ 15 dollars par baril au début de l’année, à pratiquement 45 dollars mi-avril, donc multipliées par 3 depuis le 1er janvier. Total Energies avait annoncé grosso modo la même chose il y a quelques semaines. Donc ce n’est pas un cas isolé.

Et pourtant, BP a annoncé une perte financière colossale pour le 1er trimestre. Une perte de 19,4 milliards d’euros, parce que le groupe est sorti de Russie. Ca a d’ailleurs été l’un des premiers grands groupes pétroliers à prendre cette décision. Et ça a lui a couté très cher: un peu plus de 24 milliards d’euros. Du coup, ça a complètement éclipsé l’explosion des bénéfices réels de l’entreprise.

On sait ce que BP va faire de cet argent?

On sait surtout que le groupe a passé la journée de mardi à se justifier ! BP a expliqué à la presse britannique qu’il allait payer plus d’un milliard de livres sterling d’impôts pour son activité en mer du Nord, qu’il allait investir dans la sécurité énergétique… Mais BP a aussi accéléré son programme de rachat d’actions, avec 2,5 milliards de dollars sur le premier trimestre. En gros c’est une façon de redistribuer de l’argent aux actionnaires!

Au moment où les consommateurs n’arrivent plus à faire le plein d’essence. Au moment où le gouvernement dépense des sommes considérables pour réduire de quelques centimes le carburant. Généralement, je déteste cet argument qui consiste à dire que les actionnaires se gavent. Mais là, j’avoue que ça a un petit peu du mal à passer.

Stéphane Pedrazzi (édité par J.A.)