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Plan d'investissement France 2030: ce que compte faire le gouvernement sur le volet énergétique

Emmanuel Macron dévoile ce mardi un plan d'investissement de 30 milliards d'euros sur 5 ans pour encourager la recherche dans les technologies d'avenir, et permettre à la France de rivaliser avec la Chine et les Etats-Unis.

Intelligence artificielle, hydrogène, numérique... Emmanuel Macron doit poser les bases de son programme pour 2022 en présentant ce mardi son plan pour la France d'ici 2030, notamment ses ambitions énergétiques. Si rien n'a vraiment filtré, la relance du nucléaire devrait bien être au cœur des annonces avec un programme de recherche sur les petits réacteurs et le développement des grandes centrales EPR:

"On a moins d'états d'âme à assumer ça aujourd'hui, qu'au début du quinquennat avec Nicolas Hulot", explique un ministre.

"Une éolienne, ce n'est pas si moche, et sans le nucléaire, on est mort"

Fidèle à son "en même temps", Emmanuel Macron devrait aussi encourager la construction d'éoliennes flottantes et d'éoliennes plus petites, donc plus acceptables pour la population.

Finalement, son message tient en cette formule d'un stratège de la Macronie: "une éolienne, ce n'est pas si moche, et sans le nucléaire, on est mort". Des annonces à 30 milliards d'euros sur 5 ans, qui ne manqueront pas de raviver les critiques de l'opposition sur la frénésie des dépenses.

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Ainsi, le chef de l'Etat pourrait annoncer des investissements massifs dans la recherche sur les mini-centrales nucléaires que l'on appelle dans le jargon les "SMR". Ce sont des mini-réacteurs qui ont un principal avantage: leur petite taille, 25 mètres de long sur 25 mètres de large, ce qui permet de les fabriquer et de les assembler en usine et de les expédier ensuite sur le lieu de leur exploitation, contrairement aux EPR, ces réacteurs nouvelle génération qui doivent être construit sur place.

Le chantier de l'EPR de Flamanville dans la Manche accumule 10 ans de retard et son coût a explosé: 3,3 milliards au départ contre près de... 20 milliards d'euros aujourd'hui. 

En tout cas, le nucléaire s'invite dans la campagne présidentielle: Emmanuel Macron, Marine Le Pen ou encore Valérie Pécresse sont convaincus qu'il faut miser sur le nucléaire. Ce qui n'est pas du tout l'avis du candidat écologiste Yannick Jadot ou encore de Jean-Luc Mélenchon. 

Et dans l'opinion publique, près de six français sur dix sont favorables au nucléaire, selon un récent sondage. Dans le détail ce sont les hommes qui plébiscitent le plus cette énergie, les plus âgés et issus des catégories supérieures. A l'inverse, les femmes, les jeunes et les catégories populaires sont moins favorables au nucléaire. 

En tout cas ce que l'on voit, c'est que les énergies alternatives ont moins le vent en poupe ces dernières années. Alors que la catastrophe de Fukushima avait fait perdre de sa popularité à l'énergie atomique, l'éolien séduit par exemple moins à cause de son impact sur les paysages.

Reste une question: le nucléaire contribue-t-il à l'indépendance énergétique de la France? 

C'était d'ailleurs pour cette question que l'on s'est tourné vers le nucléaire dans les années 70 après le premier choc pétrolier. L'uranium - qui est le combustible utilisé - n'est pas très cher a produire et sa filière est sécurisé. Areva travaille par exemple avec des mines dans plusieurs pays à l'étranger qui sont toutes capables de fournir de l'uranium à la France pendant plusieurs décennies, ce qui n'est pas toujours le cas pour le renouvelable. 95 % des minéraux rares utilisées dans les moteurs d'éoliennes viennent de Chine.

Est-ce vraiment une énergie verte? C'est la grande question qui agite l'Europe et qui divise les pro et les anti-nucléaires. D'un côté, il y a cet argument: le nucléaire émet peu de CO2... mais de l'autre, les écologistes rappellent que le nucléaire produit des milliers de tonnes de déchets radioactifs. 

Bruxelles prépare une liste des énergies jugées durables qui favorise la lutte contre le changement climatique, et qui fixera les énergies éligibles aux investissements verts... Réponse en décembre.

Paul Barcelonne (avec G.D.)