RMC

Poivre, herbes de Provence, curry: une enquête alerte sur la qualité des épices vendues en grandes surfaces

C’est le début de la saison des barbecues… Et des épices. Le magazine 60 Millions de Consommateurs publie donc ce jeudi matin une enquête sur les épices les plus couramment vendues en grande surface et la qualité n’est pas toujours en rendez-vous.

Le principal critère pris en compte par le magazine 60 Millions de Consommateurs, c’est la qualité gustative des épices. Et effectivement, ce n’est pas toujours glorieux. 4 types d’"épices" ont été testées: curry, curcuma, poivre noir et herbes de Provence.

Faible teneur en huiles essentielles

Il faut savoir que la qualité gustative d’une épice repose sur sa teneur en huiles essentielles. Et globalement, les teneurs sont vraiment très basses. Par exemple, les teneurs vont pour le curcuma de 1,9% seulement pour la marque Fuchs à plus de 10% pour la marque Léa Nature, mais en moyenne la teneur est de 3,5%.

La plupart des poivres noirs sont aussi décevants. Seules deux références sont au-dessus des normes en terme d’huiles essentielles, notamment le Ducros bio. Les autres, sont tout juste à la limite du seuil minimal voire en dessous. Résultat: les poivres n’ont pas vraiment de goût.

Quant au curry, 60 Millions constate qu’il y a souvent trop d’amidon comme dans les marques Ducros, Bio Village et Kania. De l’amidon peut-être rajouté par les fabricants pour donner plus de volume au produit et faire gonfler les prix. D'autres marques comme Monoprix ou Albert Ménès ajoutent quant à elles de la farine de pois chiche au curry mais c’est indiqué sur l’étiquette.

Et les herbes de Provence? 

Le problème des herbes de Provence c’est que la plupart du temps elles ne viennent pas du tout de Provence même en version bio. D’ailleurs, ce n’est pas du tout encadré, sauf s’il est indiqué Label Rouge ou cultivées en France. Les herbes de Provence viennent surtout de Pologne, du Maroc, d’Espagne et d’Albanie. Si rien n’est indiqué c’est sans doute qu’elles sont importées.

Quant au goût, c’est souvent décevant notamment parce que les fabricants mettent des parties de tiges dans les herbes, de parties qui n’ont pas vraiment d’arôme. 

La bonne nouvelle c’est que 60 Millions n’a retrouvé aucune trace de colorant ni de solvant chimique. Pas de fraude donc ce qui est plutôt rassurant. Par contre, dans les herbes de Provence de certaines marques on trouve des poils de rongeur, des fragments de plastique ou de métal.

C’est le cas des marques Leader Price, Cook et surtout Ducros avec deux fragments de pierre et de plastique. Enfin, toutes les références d’herbes de Provence contiennent des fragments d’insectes et même parfois des insectes entiers.

Marie Dupin (avec Caroline Petit)