RMC

Pourquoi après le déconfinement, le prix des fruits et légumes a augmenté

Les prix des fruits et légumes sont en hausse, selon l'association de défense des consommateurs, Familles Rurales. Les causes sont à chercher du côté de la météo, du respect des gestes barrières et du manque de main-d’œuvre étrangère

La hausse du prix des fruits et légumes pointée du doigt par Familles Rurales. En un an, les prix des fruits frais ont augmenté de 17% en conventionnel et 6% en bio. Les légumes, eux ont augmenté de 4% en conventionnel et de 1% en bio.

La météo, le respect des gestes barrières lors des récoltes et le manque de main-d’œuvre étrangère ont participé à la hausse des prix, selon l’Interprofession des fruits et légumes frais. 

Devant les étalages de fruits du marché, Pascal scrute les prix sur les étiquettes. Presque 9 euros le kilo de cerise, 5 euros le kilo de prunes. Depuis le déconfinement, son panier s'est allégé.

“Pour 15 euros, on n’a pas grand chose. J’achète moins. Je suis à la retraite donc je fais attention à mon portefeuille tout de même”, indique-t-il. 

Sur un autre stand, même constat pour Marie-Lise. “Se nourrir de produits frais c’est vraiment un truc de luxe”, affirme-t-elle. Cette retraitée ne comprend pas l'augmentation des prix de certains produits. “Par exemple les raisins à 4,50 euros alors qu’en deux coups de sécateur, on a un kilo de raisin, ils sont à 10 km… Il y a eu une période où se nourrir bien était quelque chose d’accessible, mais ça ne l’est plus”, ajoute-t-elle. 

Des pertes liées à la crise sanitaire

Au milieu de ses arbres fruitiers, Patrice Vulpian, arboriculteur, explique cette augmentation par une offre moins importante que d'habitude, en partie dû aux aléas climatiques. “J’ai eu un gel sur les abricots, j’ai perdu 200 tonnes d’abricots. J’ai eu une perte de 10 à 15% sur les pêches et les nectarines”, affirme-t-il. 

Une récolte en baisse à laquelle s'ajoute des moyens sanitaires dus au covid-19 pour 90 ouvriers agricoles durant trois mois.

“On renouvelle les masques deux fois par jour, il y a du gel hydroalcoolique à disposition et tout ça, ça coûte. Moi ça va me coûter au moins 5000 euros en produits cette année”, indique-t-il. 

Il précise que les producteurs ne bénéficient pas forcément de cette hausse de prix.

Juliette Pietraszewki avec Guillaume Descours