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Pourquoi la consommation de vin est en chute libre en France depuis 60 ans

Un verre de vin provenant du cépage Syrah au Clos Saint Landelin, à Rouffach, Haut-Rhin, le 10 août 2022

Un verre de vin provenant du cépage Syrah au Clos Saint Landelin, à Rouffach, Haut-Rhin, le 10 août 2022 - SEBASTIEN BOZON © 2019 AFP

Moins 70%. C'est le recul qu'a connu la consommation de vin des Français en l'espace de 60 ans. Une baisse notamment très visible chez les jeunes et qui n'est pas sans conséquence pour les producteurs.

En 60 ans, la consommation de vin des Français a chuté de 70%, passant de plus de 120 litres par an et par habitant en 1960 à moins de 40 litres par an en 2020, selon une étude publiée conjointement par Vin et société et le Comité national des interprofessions des vins.

Un recul particulièrement marqué ces dernières années chez les jeunes. Entre 2014 et 2021, le vin a perdu 9 points de parts de marché chez les 18-35 ans face aux autres boissons alcoolisées. Les explications sont multiples: déritualisation des repas, mutation de la composition des familles avec accroissement du nombre de personnes vivant seules, stigmatisation du produit lui-même…

Ce recul de la consommation a forcément un impact économique sur la filière. Pour les professionnels du vin, cela est jugé très inquiétant. La réalité, c’est que ce qui est menacé aujourd’hui, c’est le marché des vins industriels, ces vins à deux ou trois euros la bouteille fabriquée par des géants de l’IAA, qui ne correspondent plus aux goûts des consommateurs qui veulent boire moins et mieux.

Des difficultés liées au climat plus récurrentes

Les vrais vignerons, qui vendent plutôt entre 8 et 15 euros la bouteille ont toute leur place sur le marché. Mais il n’en demeure pas moins que jamais le vignoble français n’a été aussi fragile. Selon les estimations des Vignerons indépendants, un domaine sur trois est aujourd’hui en difficulté, alors qu’il se portait bien il y a encore deux ans.

Et cela est dû à une accumulation sans précédent de problèmes à surmonter tels que les aléas climatiques, de plus en plus fréquents (gel, sécheresse, grêle), la montée en flèche des prix du verre, du carton, de la capsule, du papier pour les étiquettes, quand il est possible de s’approvisionner. La flambée des coûts de l’énergie, ou encore les pénuries de main d'œuvre.

Emmanuel Lechypre