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Pourquoi la France a vendu 30 avions de combat Rafale à l'Egypte

Ce contrat de plus de 3 milliards d’Euros a provoqué une certaines incompréhension de la part de certaines ONG et des associations de défenses des droits de l'Homme.

La France a confirmé mardi que l’Egypte allait acheter 30 avions de combat Rafale. Ce contrat de plus de trois milliards d’euros est très critiqué par les associations de défense des droits de l’homme, mais le gouvernement assume.

On appelle ça la “realpolitik”, terme allemand, utilisé pour la première fois au 19e siècle par le Chancelier Bismarck. On pourrait le définir ainsi: c’est une politique internationale fondée sur les rapports de force et les intérêts nationaux, et pas sur une idéologie. Mardi, le ministère de la Défense a publié un long communiqué pour justifier ce nouvel accord avec le gouvernement égyptien. “Les exportations militaires sont vitales pour notre industrie, pour l’équipement de nos armées, pour l’autonomie stratégique et le rayonnement de la France”, indique-t-il avant d’ajouter que ce contrat doit générer 7000 emplois sur trois ans. C’est ça, la “realpolitik”. 

Et cela inquiète les ONG pour deux raisons: d’abord le financement de cet accord. L’Egypte n’a pas les fonds pour s’offrir ces avions, alors la France va lui accorder un prêt garanti par l’Etat. En cas de défaut de remboursement, c’est donc Paris qui payera lui-même les avions qu’il vend. 

Colère des ONG

Et puis il y a aussi la question des droits de l’homme. Plusieurs ONG ont exprimé mardi leur consternation, et ça n’est pas une première. Au mois de décembre, lorsque le président Egyptien, Abdel Fattah Al Sissi s’était vu remettre la Grand-Croix de la Légion d'honneur, elles réclamaient que les contrats d’armements militaires soient conditionnés à la libération des quelque 60.000 prisonniers politiques, mais le chef de l’Etat français s’y était refusé.

Pourtant, il y a deux ans, Emmanuel Macron avait pris position sur les droits de l’homme en Egypte. On se souvient de cette scène, au Caire, en visite officielle, Emmanuel Macron répond à une question sur le sujet pendant que son homologue regarde le plafond. “La France a des principes et doit les affirmer”, avait-il dit, dénonçant une loi qui encadrait strictement l’activité des ONG humanitaires en Egypte.

Mais depuis, la donne a changé. Parce que depuis l’Egypte a apporté son soutien à la France dans une période où beaucoup de pays musulmans la critiquaient, c’était à l’automne, après l’assassinat de Samuel Paty et après la republication des caricatures de Mahomet. Al Sissi était venu à Paris et avait clairement condamné l’attentat. 

Louis Amar