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Pourquoi la météo pluvieuse risque de faire grimper les prix des courses en France

DUPIN QUOTIDIEN - Tous les jours à 7h20, on parle éco et conso avec Victor Joanin, dans "Apolline Matin", sur RMC.

Vous l'avez tous remarqué: la météo du mois de mai a été pourrie, après 2 mois très secs en mars et avril. Et les premières victimes des aléas climatiques de ce printemps, ce sont les agriculteurs. Dans plusieurs filières, on parle même de catastrophe. Et cela risque d'avoir un impact sur les prix des courses alimentaires... 

Tout le monde a encore en tête l'épisode de gel massif d'avril. Les producteurs de fruits ont aujourd'hui une idée plus précise des dégâts: ils sont terribles, avec des pertes de 60% à 70% sur les récoltes d'abricots et de cerises, selon leur fédération. Et ça va jusqu'à 80% pour les producteurs de pêche de la vallée du Rhône.

Le soleil se lève, les prix aussi

Pour tous ces producteurs, c'est la double-peine: non seulement les rendements sont en chute libre, mais, en plus, la météo pourrie de ces dernières semaines n'incite pas les consommateurs à s'en procurer.

La cerise se marie mal avec la doudoune. Donc les prix restent bas pour l'instant... mais le soleil va revenir et, là, ça va faire mal au porte-monnaie. Les pommes et les poires sont des cultures plus tardives, donc elles souffrent moins, mais elles risquent d'être moins belles cette année. 

La météo pourrie du mois de mai joue aussi sur le comportement des abeilles: elles sont frileuses et n'aiment ni la pluie ni le vent... La récolte printanière s'annonce donc compliquée par les apiculteurs, obligés de nourrir leurs petites protégées avec du sirop pour leur permettre de survivre. C'est un surcroît de travail et un sur-coût. Mais difficile de le répercuter sur les prix, car la concurrence est rude avec les miels importés. 

L'huile d'olive en forte hausse

La production d'huile d'olive est aussi touchée. Suite à la sècheresse puis aux épisodes de gel tout autour de la Méditerranée, les productions d'olives sont en chute libre: -30% en France et en Italie, -20% en Espagne et en Tunisie. Qui dit moins d'olives dit des olives qui se vendent 50% plus cher que l'année dernière, et cette inflation risque de se retrouver en bout de chaîne sur l'étiquette de la bouteille d'huile d'olive.

Enfin, paradoxalement, les viticulteurs s'en sortent mieux. Même si les vignes ont été ravagées en avril, il faut rappeler que le millésime 2020 avait été exceptionnel. Autre élément: avec la crise sanitaire et la taxe américaine sur les vins français, les ventes ont chuté, donc beaucoup de viticulteurs avaient trop de production en stock et avaient peur de devoir brader leurs vins. Le gel printanier a au moins permis de raffermir les prix...

Les viticulteurs vont aussi bénéficier du plan d'aide d'un milliard d'euros débloqué par le gouvernement. Attention, tout de même, avec les pluies du mois de mai, les vignes se font attaquer par les champignons, comme le mildiou, et le manque de soleil va entraîner des vendanges plus tardives de quelques semaines cette année...

Victor Joanin avec la rédaction de RMC