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Pourquoi la météo pourrait provoquer une (forte) hausse des prix des paquets de pâtes cet hiver

DUPIN QUOTIDIEN - Une pénurie de blé dur à venir laisse craindre, a minima, une flambée des prix.

Les pâtes, c’est vraiment une des bases de notre alimentation, pas chères, toujours au fond du placard. Elles risquent de se faire rare dans les rayons des supermarchés.

La raison? Une pénurie à venir de blé dur, la seule matière première de base pour fabriquer les pâtes. Le Canada est le premier pays producteur de blé dur et assure à lui seul les deux tiers du commerce mondial.

Le "dôme de chaleur" qui a couvert le pays devrait conduire à une récolte inférieure de plus de 30% que la moyenne des cinq dernières années. Et les stocks ne suffiront pas à compenser.

En Europe, ce sont les pluies trop abondantes qui vont diminuer les récoltes, qui seront inférieures de 25% à nos besoins.

Conséquence: les prix flambent

Le prix mondial de référence des blés durs subit une augmentation historique de plus de 30% au cours des dernières semaines, hausse qui pourrait prendre encore bien plus d’ampleur lorsque le Canada aura fini de récolter.

Et cette hausse sera visible sur les étiquettes puisque les trois quarts du prix de revient des pâtes (jusqu'à 40% du prix en magasin), c’est le prix du blé dur.

Une hausse répercutée par nos fournisseurs, alors qu'on importe les deux-tiers des pâtes, dont 40% d’Italie.

Et les prix du blé ne sont pas les seuls à flamber

Les chiffres mondiaux de l'augmentation des prix des denrées alimentaires sont très inquiétants: l'Indice FAO (Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture) est en hausse de 35% sur un an, en moyenne, Une hausse tirée par la flambée des huiles végétales, du sucre et des céréales (+90% pour le maïs).

Il n’y a pas que les problème climatiques, il y a aussi la boulimie chinoise, qui est passée de 20 à 50 mégatonnes d’importation de céréales.

Du jamais vu depuis 2011, toujours des mouvements sociaux de colère à la clé on l’a vu régulièrement, notamment au Maghreb et en Afrique. Et cela peut devenir explosif.

Emmanuel Lechypre (avec J.A.)